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[Par Makaila NGBUEBLA]

Exilé en France, Djibril Diaw, journaliste et réalisateur mauritanien, il a présenté, le 29 août 2014, à la Maison des journalistes, son film, « 1989 », devant ses collègues, des militants associatifs venus nombreux.

Un moment de la projection de « 1989 » [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Un moment de la projection de « 1989 » [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Intitulé « 1989 », le film de Djibril Diaw, rappelle les événements malheureux qu’a connus, son pays, la Mauritanie.

Djibril Diaw [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Djibril Diaw [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Parti du village de Diawara, situé sur une île du fleuve Sénégal, un conflit ayant opposé des bergers Mauritaniens à des paysans Sénégalais, est à l’origine d’un drame qui a causé la mort de deux personnes. Ce triste événement a finalement entraîné les deux peuples unis par des liens confessionnels historiques, dans un conflit qui a fait des milliers de morts, des centaines des déplacés et poussé en exil des milliers des négros-mauritaniens déportés vers le Sénégal et le Mali.

Des activistes Tunisiens, des journalistes et responsables des organisations politiques de la Mauritanie, ont répondu présents à l’invitation de la Maison des journalistes qui a prévu, dans le cadre des activités de son programme, de projeter le film, « 1989 », de Djibril Diaw, journaliste-réalisateur mauritanien accueilli en tant qu’exilé en France.

Ciré Kane de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation (AJD/MR) [Crédit photo : Marta Fallani]

Ciré Kane de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation (AJD/MR) et le réalisateur Djibril Diaw [Crédit photo : Marta Fallani]

Djibril Diaw se dit être inspiré par la tenue vestimentaire multicolore qui symbolise la diversité de la Mauritanie de M.Abderrahmane Ahmed Salem, directeur de la maison des cinéastes et motivé par Rachef Effantin, chargée de formation au sein de la dite structure.
Dans sa quête et pour son combat qui consiste à souhaiter que vivent ensemble les fils et filles de la Mauritanie, le réalisateur s’est intéressé particulièrement aux événements fâcheux de 1989 qui ont fractionné la société mauritanienne.

Des témoignages pathétiques

Le film « 1989 », dure 52 mn. Par des témoignages pathétiques, des victimes et bourreaux, le film rapporte d’une manière ou d’une autre, les faits qui ont endeuillé et séparé des familles, détérioré les relations humaines entre les différentes composantes de la société mauritanienne.
Pour son auteur, ces témoignages d’anciens corps d’armée, de veuves et des exécutants, visent à permettre aux Mauritaniens de faire table rase de ce passé douloureux et tragique afin d’envisager ensemble une réconciliation humaine et fraternelle.

Makaila Nguebla [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Makaila Nguebla [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Par ailleurs, des voix indépendantes se sont exprimées pour éclairer l’opinion du public sur la genèse du conflit. De l’avis, d’un sociologue mauritanien interrogé par le réalisateur, l’événement de 1989, a été déclenché du fait d’une conjugaison de facteurs. Parmi ceux-ci: le manifeste politique, de 1966, rendu public par des intellectuels négro-africains mauritaniens, l’arabisation du système éducatif, l’échec d’une tentative manquée de coup d’Etat, des arrestations arbitraires et des exécutions extra-judiciaires, dont ont été la cible des officiers noirs et la politique d’exclusion de l’ancien régime de Maaouya Ould Taha, qui chercherait à « dénégrifier », son pays de sa composante.

Film fédérateur et débats enrichissants

Ibrahima Diallo, porte-parole des Forces de libération africaine de la Mauritanie (FLAM)

Ibrahima Diallo, porte-parole des Forces de libération africaine de la Mauritanie (FLAM) [Crédit photo : Lisa Viola Rossi]

Le film « 1989 », a servi de point de rencontre entre les acteurs politiques mauritaniens mobilisés pour la circonstance. Il a aussi ouvert la porte à un débat passionnant.
Ibrahima Diallo, porte-parole des Forces de libération africaine de la Mauritanie (FLAM), et Ciré Kane de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation (AJD/MR), ont respectivement pris la parole pour féliciter Djibril Diaw et apporter leur lecture des faits.
Pour Ibrahima Diallo : « les événements de 1989, ont été l’aboutissement d’un conflit que tout le monde voyait venir à cause des émissions diffusées sur les ondes de la radio nationale. »
Ciré Kane, a estimé que si, aujourd’hui, la question de cohabitation sociale entre les différentes composantes de la nation tend à s’améliorer, il relève toutefois le déficit d’unité et les dissensions internes des forces politiques négro-africaines entre elles.
Pour sa part, Maha Abdelhamid, militante pour la cause des noirs tunisiens, a jugé que, pour une véritable cohésion sociale en Mauritanie, il faut que justice soit faite et que les uns et les autres se pardonnent.
Le réalisateur a ensuite, pris la parole pour répondre à des questions posées par des journalistes. Il a expliqué que sa démarche ne vise pas à remuer le couteau dans la plaie d’une société mauritanienne traumatisée par cet épisode mais plutôt à faire accepter les uns et les autres dans leurs différences dans un pays qui se veut véritablement pluriel.
Remerciant les personnes ayant participé à la projection du film, Djibril Diaw en a annoncé un autre. Il sera consacré au sort des réfugiés mauritaniens qui ont été déportés en 1989 et qui ont opté pour le retour au bercail. Que sont-t-ils devenus ?
« A suivre  … » selon la formule empruntée au journaliste-réalisateur mauritanien.

 

1 réponse.

  1. […] DIAW réalise ici son deuxième film, après « 1989 » déjà projeté à la Maison des […]

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