La plume dans le sang

INTERVIEW POUR L’EXPOSITION WAITING

Dans le cadre de l’exposition « WAITING – Une réflexion sur l’attente », nous proposons une série d’interviews d’artistes journalistes qui exposent et qui ont trouvé refuge au sein de La Maison des Journalistes – MDJ.

Ancien résident de la Maison des Journalistes, il est exilé en France depuis plusieurs années. Condamné à mort dans son pays d’origine pour ses écrits engagés, il vit loin de ses proches. Il reprend la plume pour décrire l’attente en vers. 

Pouvez-vous me parler du poème que vous avez rédigé pour « Waiting » ?

Depuis qu’il est né, l’être humain attend la fin de sa vie.  Il espère en profiter pour réaliser certains de ses objectifs.  L’espoir et l’attente sont comme une pièce de monnaie, à double face. A travers ce poème, j’essaye d’expliquer ces souffrances dues à l’attente et la déception. L’attente est l’un des visages du harcèlement lorsqu’on est en exil.

 

Comment s’est passé votre période d’attente avant la décision de l’OFPRA ?

J’ai été en prison au Soudan où on m’a torturé quotidiennement.  J’ai appris à être fort et à survivre car je me bats pour la dignité de mon peuple, son aspiration à la liberté et la volonté d’un futur meilleur.  Mais la reconnaissance de l’OFPRA n’est pas un objectif majeur, car c’est seulement pour vous et non pas votre peuple ou l’humanité. Néanmoins, cette reconnaissance de l’OFPRA me touche beaucoup. En l’attendant, c’est comme si j’avais été enfermé à nouveau durant un an.

 

Quelles sont vos attentes concernant l’exposition « Waiting » ?

J’espère que cela apportera de l’espoir, une meilleure compréhension du statut de réfugié et une réduction de la période d’attente. Je veux aussi dire qu’il ne faut pas diviser les demandeurs d’asile en catégories : politique, économique… Nous sommes tous des êtres humains et nous devrions pouvoir jouir du droit à la vie comme il est inscrit dans les conventions internationales.

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