Exilés de Jaurès à Paris

En ce jeudi de février, le soleil vient adoucir les rudes journées d’hiver. Les mains rougies par le froid et le corps tremblant par le vent glacial, le soleil se décide enfin à faire son apparition, timide, et pourtant, déjà réconfortant.

Sur les berges du canal Saint-Martin, au pied du métro Jaurès, des tentes rouges, vertes et bleues viennent planter le décor. Nous sommes dans le 19ème arrondissement de Paris, où se situe l’association France Terre d’Asile. C’est ici que chaque matins, aux premières lueurs du jours, des migrants tentent leur chance pour obtenir des papiers.

 

Comme eux, une communauté d’Afghans s’est installées avec le strict minimum. Ils seraient près de 300 à élire domicile dans des tentes le long du canal, selon France Terre d’Asile. Chauffés par un petit feu de bois, ils nous racontent leurs histoires. Pas celles de leur l’exil. Celles là ils l’ont déjà beaucoup trop raconté.

« J’adore les trains ici ! Ils sont presque aussi beau qu’au Japon ! C’est en parti pour ça que je suis venu ! ». Sur un ton léger on discute de tout et de rien. « J’étais en Inde pour des vacances il y a quelques années, j’ai vu le Taj Mahal ».

On en vient presque à s’étonner de la similitude de nos vies. A une différence près. Ils ont fuis leur pays. Une vie entre AlQaida et Daesh, derrière les barreaux ou soumis à la torture. Ils se retrouvent aujourd’hui sans rien, dans l’attente d’un hébergement décent.

Alors, depuis cette vague de froid, les aides accourent.

Toutes les demi-heures, des personnes avec des sacs remplis de vêtements chauds, des théières gigantesques voir même des pizzas arrivent et proposent leur aide. Les gens en France sont gentils avec nous, mais ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est des papiers. »

Dans une attente constante, ils profitent de la douce chaleur qui émane du feu et de la légèreté des conversations pour oublier, le temps d’un instant, leur précarité.

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