Entrées par Jean-Jules Lema Landu

Algérie – Soudan : les « Gilets jaunes africains » à la manœuvre

Comparaison n’est pas raison. Mais à regarder de près, le fond qui émeut les Gilets jaunes en France, d’une part, et les protestataires dans les rues d’Alger, en Algérie, ainsi que dans celles de Khartoum, au Soudan, d’autre part, ne manquent pas de similitude entre les deux camps. Ici et là, la levée de boucliers est partie de ce que l’on appelle « portion congrue » ou « part inconvenable », mieux, « partage inégale des richesses nationales »…

Il y a, toute proportion bien gardée, comme une osmose entre la colère de Gilets jaunes, celle, spécifiquement, portée par la jeunesse algérienne, et le ras-le-bol exprimé par des foules soudanaises. Il s’agit, sociologiquement, de la catégorie de « personnes qui subissent la loi du plus fort« , selon la formule de la célèbre journaliste française Françoise Giroud.

En clair, il s’agit de ceux qui dirigent, d’un côté, et de ceux qui sont dirigés, de l’autre. Mais, ceux qui sont dirigés et « mal nourris » par le système de gouvernement. Des laissés-pour-compte.

Ici comme ailleurs, ces Gilets jaune sont « des laissés-pour-compte »

Selon une enquête réalisée le mois de mars par l’institut Elabe (Ouest-France, 23-24 mars, 2019), il ressort globalement que les Gilets jaunes sont, en majorité, des ouvriers.

Leur salaire moyen est de 1.486 euros par mois ; 65 % disent connaître des fins de mois difficiles.

Ceux qui battent le pavé en Algérie et au Soudan relèvent de cette catégorie de citoyens.

Mais, contrairement aux Gilet jaunes, la plupart d’entre eux sont de véritables crève-la-faim.

En France, le 17 novembre, un mouvement social sans leader tousse. Il proteste contre l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Cette nouvelle dépense est à associer au budget familial (1.486 euros), qui en prend un coup… supplémentaire. On connaît la suite : le mouvement enfle et englobe l’aspect politique et économique. Le gouvernement est bousculé, prend des mesures qui débouchent sur des milliards à dépenser pour améliorer le sort de « mal nourris ». Sans succès.

Le mouvement signe et persiste… jusqu’à susciter les assises d’un « Débat national », dont on attend l’issue.

Algérie : la chute du système Bouteflika

Le concept fait recette en Algérie et au Soudan, globalement, c’est presque la même antienne.

Dans le premier pays, c’est la décision de rempiler pour un cinquième mandat présidentiel, d’un président affaibli par la maladie, sans prise sur les affaires de la cité, qui déclenche les hostilités. Depuis, le 22 février, les Algériens marchent, pour protester. Comme en France, les décisions s’enchaînent, en guise de coupe-feu. Sans effet.

Le « système » cède, Bouteflika démissionne. Mais l’armée, qui a entraîné cette décision historique, semble ne pas vouloir tout lâcher. On parle maintenant de la mise en place d’un gouvernement, obéissant aux « règles constitutionnelles ». Les Algériens renâclent. Leur slogan reste d’actualité : « Qu’ils partent tous ». D’où un bras de fer entre l’armée et le peuple, à l’issue improbable !

Soudan : la rue veut du pain !

Enfin, depuis jeudi, le Soudan qui était déjà dans la zone de turbulence, a rejoint le cortège des tombeurs algériens. El Béchir, depuis trente ans au pouvoir, a été écarté par un coup d’Etat militaire. Et remplacé par le général Awad Benawf, à la tête du Conseil militaire de transition, lui-même ayant démissionné sous la pression de la rue et remplacé par le général Abdel Fattaf Abderahman.

Comme les Algériens, les Soudanais retoquent la formule. La question, dans ce deuxième pays, a concerné le prix du pain. Le 18 décembre, les Soudanais sont sortis pour y dresser une barrière. Le régime dictatorial charge et tue les manifestants, qui « persistent et signent » pour faire de la rue leur domicile.

En dernier lieu, avant la chute du satrape, ils ont submergé l’Etat-Major de l’armée, auquel ils demandaient le départ de Béchir.

France, Algérie, Soudan : des points communs entre ces Gilets Jaune

Le caractère commun de ces trois situations repose sur trois aspects différents : primo, Français et Africains, à des paliers différents, sont ceux qui non seulement subissent la loi, mais vivent difficilement ; secundo, les trois mouvements ont surgi sans leader ; tertio, tous trois ont levé l’option de résister « aux systèmes ».

Et, le résultat est là : les deux dictateurs sont tombés.

En dehors de Macron, que la France démocratique, à travers les urnes, vomira ou ménagera, selon ses capacités à faire revêtir les Gilets jaunes de la couleur qui leur plaît. Gilets couleur or, par exemple ! Gilets jaunes, en France. Quelque chose qui leur ressemble en Afrique, lequel a porté à conséquence : les fruits pourris sont tombés. D’autres tomberont. A coup sûr.

Les « Gilets jaunes africains » sont déjà à la manœuvre. Le concept fait recette, car les Gilets jaunes ont fait leur apparition en Australie. Là-bas, ils s’appellent « Yellow Vest Australia » et sont devenus un parti politique.

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Algérie : la rue, Bouteflika et la victoire du peuple

« Qu’ils partent tous », c’est le slogan qui continue de gronder, alors qu’Abdelaziz Bouteflika a remis sa démission, mercredi 3 mars, dans la soirée. Démission entérinée aussitôt par le Conseil Constitutionnel. On voit clairement, à travers une telle diligence, pour une institution entièrement acquise à l’ancien chef de l’Etat, l’image d’une « main forcée ». Est-ce la fin du théâtre algérien ? Les astres se sont-ils alignés afin de souffler l’apaisement, qui débouchera véritablement sur le triomphe des réclamations des Algériens ?

En attendant, on en est au niveau des interrogations ainsi qu’à celui d’échafauder des hypothèses susceptibles de dégager l’horizon encore couvert de brouillard. Tant certains souvenirs du « Printemps arabe » constituent des abats-joie, comme c’est le cas en Libye. Pourtant les peuples n’avaient fait qu’exiger leurs droits, c’était sous-estimé le monde injuste dont les lois non écrites dominent sur les codes en vigueur. En général, et pendant un temps, les peuples sont toujours vaincus par des prédateurs.

Les deux à la fois. Sauf que l’armée a oublié qu’en s’écoulant oisivement, le temps s’est mis à composer, petit à petit, avec les nouvelles générations de citoyens. Certes, ces dernières continuent de célébrer les hauts faits des Moudjahidines [combattants pour l’indépendance], mais sans toutefois ne pas se laisser séduire par une autre façon de vivre et de voir les choses. Parmi celles-ci, se distingue l’exercice de la démocratie. C’est cette force de changement qui a fait se lever la jeunesse algérienne, comme un seul homme, en ce jour du 22 février, jusqu’à la chute du calife, mercredi soir.

Les leçons à tirer

Il reste encore un processus à suivre, avant de déboucher sur la normalisation de la situation. Car, pendant vingt ans, les racines du pouvoir en Algérie se sont solidifiées. Le pouvoir n’était plus, depuis 2013, l’affaire d’un chef malade frappé d’un AVC, mais une histoire de membres de famille, de l’armée, et d’une poignée de vautours de finances, en sous-main, agissant au nom des millions que laissent tomber les barils de pétrole.

Le Général algérien Gaïd Salah, l’homme qui a annoncé la démission de Bouteflika

Ainsi, de simples coups de pioche n’auront-ils pas suffi pour en venir à bout. Il aura fallu se munir d’une arme plus puissante, mais simple, qu’on appelle « pugnacité dans la rue ». C’est la bête noire des dictateurs. La jeunesse algérienne s’en est emparée, et le système Bouteflika est en train de s’écrouler comme un château de cartes. Après six bonnes petites semaines de manifestations, du reste « très » pacifiques. Souvenons-nous de la chute du burkinabè Blaise Compaoré, en novembre 2014, après trois mois d’affilée de manifestations chaudes de rue par la jeunesse du pays.

C’est là un des aspects de l’acte de cette jeunesse, comptée parfois par millions, que nous avons vue battre le pavé à Alger et à d’autres villes. Il y a, cependant, un autre versant à regarder utilement, à savoir les leçons à tirer de cet événement. C’est qu’en premier lieu, dans nos pays africains – en dehors de l’Afrique du Sud -, le vrai pouvoir se trouve entre les mains de l’armée.


Dans nos pays africains […] le vrai pouvoir se trouve entre les mains de l’armée.


Dans le théâtre qui se joue actuellement en Algérie, c’est le général Gaïd Salah qui est le maître des horloges. « Que Bouteflika cesse d’être président de la République », a-t-il dit, et il en était ainsi. C’est lui qui a brisé le cercle « infernal » des proches du jeune frère de l’ancien président et, même, jeté en prison Ali Addad, une des figures de proue de la haute mafia algérienne…  

Est-ce que l’armée, en dépit de ces gestes hautement patriotiques, va-t-elle continuer de jouer le rôle de gardien du temple ?  Pas sûr. Y croire un seul instant, c’est mal saisir la profondeur du slogan « Qu’ils partent tous ». C’est-à-dire y compris le général Gaïd Salah, une des pièces majeures du « système » que les protestataires entendent voir voler en éclats.

L’autre leçon à tirer est que les dictateurs que nous craignons ne sont rien d’autre que, en dépit de tout, des baobabs aux racines entamées par les temps, bien pourries, lesquels ne peuvent résister devant l’action soutenue du peuple. L’arbitrage du général Salah n’est pas un acte de bienveillance, mais plutôt le résultat de la peur d’être lui-même emporté par cet ouragan silencieux balayant les rues d’Alger.

Enfin, à la jeunesse africaine, qui veut légitimement voir une alternative politique, de comprendre que la violence appelle la violence. Que la discipline et la ténacité dans l’action représentent une force inouïe, capable de tenir en respect les armées au service de la dictature. En Algérie, il n’y a eu ni casse ni un seul coup de fusil. A moins que la situation, par mauvaise aventure, vire prochainement à l’affrontement entre la jeunesse et l’armée.

Enfin, le fin du fin

En troisième lieu, c’est là la leçon de sagesse pour les présidents qui s’éternisent encore au pouvoir, jouant à la modification des Constitutions en leur faveur et croyant que les peuples sont des moutons à ne mener qu’à leurs pâturages bien enclavées. Gare à eux ! Nombre de convulsions sociales surgissent avec une telle spontanéité et violence qui ne leur donnent que trois issues misérables : la mort, la fuite éhontée et l’exile déshonorant.

Enfin, pour le fin du fin, la leçon, encore une fois, est à être ingurgitée par la jeunesse de l’Afrique subsaharienne, qui semble somnoler. Faudra-t-il attendre que tous les « Printemps politiques » nous viennent du Maghreb ? Réveillez-vous. « Lamuka ». Humez le parfum de la victoire qui embaume déjà les rues de l’Algérie… A quand vos victoires ?

Dans la tête du peuple congolais

«Dans la tête de Kabila», tel a été un des titres de couverture de l’hebdomadaire Jeune Afrique, consacrés à la RD Congo. Au fond, c’était une interrogation qui, aujourd’hui, a trouvé sa  réponse tragique : le tripatouillage du résultat des élections générales du 30 décembre dernier. Le but ultime étant de modifier la Constitution, le moment venu, en vue de l’instauration d’un scrutin indirect à un tour (présidentielle au niveau du parlement). Qu’en pense le peuple ?

Cette question de fond a été rarement exploitée, du fait que depuis cette épopée à rebours réalisée par Kabila, l’actualité en RD Congo reste confuse. C’est là la première preuve irréfutable que rien n’a changé, après les élections. D’où l’explication d’une situation qui appelle contradictions, chahuts et divisions. Avec tous les risques que cela puisse aboutir à l’éclatement de grands conflits armés. Des conflits qui sont déjà présents au Nord-Kivu et en Ituri, où coulent des rivières de sang, depuis plusieurs années. La métastase a atteint le Kasaï et le Kwilu.

Pendant ce temps, le peuple se tait. Pourtant, il sait tout. Il observe  la suite, depuis le 30 décembre 2018, date des élections. Il ne constate que contradictions sans issue : un ancien chef de l’Etat, Kabila, qui, aux yeux de tous, continue de se comporter en président de la République. Et, le nouveau président, Tshisekedi, qui, aux yeux de tous, agit en sous-traitant. La libération des prisonniers ? Le changement intervenu à la tête de l’ANR (service des renseignements) ? De l’enfumage destiné à donner le change, à faire croire à l’opinion qu’il y a eu alternance.

Les accords secrets

Faut-il plus pour affirmer, sans conteste, que tout ce que nous voyons se faire relève des accords secrets, dont tous les points ont été réglés comme du papier à musique ? Et le tout, sans doute, à l’avantage du dictateur, en contrepartie d’un titre honorifique pour Tsisekedi ? Si Kabila père est parvenu au pouvoir, au détour des accords signés à Lemera (Sud-Kivu), en 1997, avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, il n’en sera pas de même avec ceux conclus entre Kabila fils et Tshisekedi fils.

Les raisons en sont simples. D’abord, les contextes sont tout à fait différents. Kabila père a bénéficié des circonstances favorables exceptionnelles : la détestation de Mobutu essentiellement par les Américains, et le désir ardent du peuple de connaître un nouveau régime politique. Enfin, la diminution physique de Mobutu, rongé par un cancer. Si, aujourd’hui, les Occidentaux ne manifestent pas ce qu’ils pensent réellement de Kabila fils, ils en sont moins ses soutiens, compte tenu de la montée du populisme en Europe, qui accuse le « système » d’exploiter l’Afrique. Ainsi donc, par substitution, Kabila fils se retrouve exactement à la case où était placé Mobutu avant sa chute.

Cette vérité n’appelle pas d’être grand clerc pour la mettre en lumière. Le peuple en sait quelque chose. Au fait, les succès incontestables que le leader de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, vient de récolter, à travers ses tournées, aussi bien au pays qu’à l’étranger, ne traduisent-ils pas une autre version de la « vérité des unes » ?  La circonstance a créé, en tout cas, ce que l’on appelle la « rencontre d’un homme et d’un peuple ». Comme ce fut le cas de Lumumba et, dernièrement, celui de feu Etienne Tshisekedi.

Quoi qu’il en soit, un quarteron de Congolais, par fanatisme et solidarités négatives, continue de penser que le résultat des urnes, sanctionné par la Cour Constitutionnelle, et dont le corollaire a été l’investiture de Félix Tshisekedi comme président de la République, est irréversible. Certains observateurs non avertis, appuyant cette assertion, vont jusqu’à qualifier le peuple congolais d’amorphe, sur lequel il ne faut rien attendre pour renverser la vapeur. Ils poussent cet argument jusqu’à l’absurde, en démontrant l’ampleur de l’esprit servile du congolais, sous le règne du dictateur Mobutu pendant trente-quatre ans.

Ni amorphe ni servile

Or, en 1895, les colonisateurs belges sont surpris par la « Révolte des Batetela ». Quatre cents hommes de troupe se rebellent, en rupture avec leur hiérarchie militaire, pour venger l’exécution de leur chef, le célèbre Ngongo Lutete. Il en va de même de Simon Kimbangu (1887-1952).  Il crée, en 1921, un mouvement religieux qui fait peur aux Belges. Ils y voyent le ferment d’une révolte insidieuse. Arrêté, il est curieusement jugé par une cour martiale, qui le condamne à perpétuité. Mais ses adeptes, intrépides, défient toutes les mesures de répression. Ce mouvement est devenu, aujourd’hui, une grande église en RD Congo et dans certains pays voisins.  Lumumba, en clef de voûte, réclame l’« indépendance immédiate », face à la force brute du colon. Celui-ci lâche prise, le 30 juin 1960. Sans un seul coup de feu.

Qu’on ne s’y trompe pas, le peuple congolais n’est ni amorphe ni servile. Il est tout simplement patient. A travers l’histoire récente, il a démontré qu’il était autant réactif que résilient. Ceux qui connaissent l’âme de ce peuple le comparent volontiers aux habitants de Numance, une petite ville de l’Espagne antique qui résista durant vingt ans, au IIe siècle avant notre ère, face à la puissante armée de conquête romaine. Un phénomène inexplicable !

Les Congolais sont à intégrer dans ce lignage. Ils savent encaisser en attendant de réagir, le moment venu. En témoigne le « vote-révulsion » accordé au dauphin de Kabila, qui n’a récolté que 12 % des suffrages, en dépit de gros moyens mis à sa disposition. Le peuple sait donc qui il a voté entre Fayulu et Tshisekedi. Puisqu’il y a doute et suspicions sur la « vérité des urnes », il faut conclure que le processus d’élections n’est pas encore clos. La prochaine étape sur ce chemin de la démocratisation sera celle de la « révolte » spontanée et généralisée, à l’instar de celle qui se déroule actuellement en Algérie, sinon brutale comme celle, incendiaire, sur la prise de la Bastille, en 1789, en France.

Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable, à se fier aux messages de dégoût, sur les réseaux sociaux, livrés par le peuple à l’égard de Kabila et ses affidés. Mais pire, c’est  la demande des armes exprimée par des foules à Martin Fayulu, partout où il est passé, en vue de préparer la guerre contre les usurpateurs. A première vue, l’idée peut paraître saugrenue, mais, à l’analyse, elle traduit le fond de la pensée qui habite une large majorité des Congolais sur la situation postélectorale. C’est la première fois qu’on assiste à un tel ras-le-bol du peuple.

Le point culminant

« Dans la tête du  peuple berné », il se passe ce qui se passait dans la tête d’esclaves révoltés en Haïti, en 1791 : « en finir avec le maître ou mourir ». Après la résilience éprouvée comme celle des habitants de Numance (le calvaire à travers les régimes de Mobutu et des Kabila), ne suivra pour le peuple que l’exemple de la marche vers la « Bastille congolaise » : le régime honni de Kabila

En voici une bonne pétition de principe (affirmer ce qui reste à démontrer), diront les sceptiques ! Mais, c’est oublier quand un empire a atteint son point culminant, il doit chuter. C’est le cas de Kabila, dont le hold-up électoral de décembre 2018 constitue sa dernière astuce pour rester au pouvoir. C’est le point culminant. Il le sait fort bien. Son entourage aussi. Mais, « c’est un homme qui adore le pouvoir, qui ne sait qu’être dans le pouvoir, qui n’accepte pas en sortir, il va aller jusqu’au bout ». Réflexion faite par Kamel Daoud, écrivain algérien, pas à propos de Kabila, mais au sujet de Bouteflika (Ouest-France, 5 mars 2019).

Sur ce point, la comparaison entre les deux hommes est parfaite. Bouteflika, double malade physique (dont la sénilité) ; Kabila, malade mental, souffrant d’hybris (démesure ou orgueil). Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime, du fait qu’elle pouvait être à la base de « destructions massives ». Et donc condamnable.

Afrique 2018 : chapeau bas à l’Ethiopie !

[BILAN POLITIQUE] Avec le mois de mars, comme à l’accoutumée, les pays -aussi bien d’ailleurs que les entreprises-, vont commencer à publier leur bilan, pour l’année 2018. Des chiffres, des graphiques, d’infographies, des statistiques donc, pour montrer l’évolution qui a marqué leur action. L’Afrique ne sera pas en reste. Mais pour l’Ethiopie, il s’agira de voir les choses sous un autre angle : des actes concrets posés pour l’instauration de la paix dans la Corne de l’Afrique.Afrique 2018 : chapeau bas à l’Ethiopie !

RD Congo : les carottes sont cuites

[POST-ÉLECTORAL] Les carottes sont cuites. Félix Tshisekedi est désormais le cinquième président de la RD Congo. Il en sera ainsi pendant son mandant de cinq ans, jusqu’en 2023. Pour autant, cela n’efface pas comme par enchantement le contentieux post-électoral, puisqu’il y en a un. Qui jure avec les « mensonges des urnes ». Celui-ci aura constitué, en droit, un cas de « jurisprudence », en matière d’élection en Afrique. Et ouvert, pour les Congolais, une plaie à vif du tribalisme.

RD Congo : éloge d’un hold-up électoral

[ÉLÉCTIONS] Le suspense s’est évanoui, puis l’intensité du tollé est retombée, après la proclamation de la victoire de Félix Tshisekedi et son investiture, le 24 janvier comme cinquième président de la République Démocratique du Congo. Du coup, les réseaux sociaux se sont calmés. Seule la vérité des urnes que personne n’est en mesure d’effacer persiste. Elle parle dans la conscience de tout un chacun, car, elle est absolue.

Elections au Congo : Kabila, Tshisekedi et la mascarade

[ÉLÉCTIONS PRÉSIDENTIELLES] Jamais élections africaines n’avaient autant étalé les vices de la dictature, par rapport à la décision de frauder : coupure d’Internet et du signal de RFI, tirs à balle réelle sur des militants de l’opposant Martin Fayulu, ayant fait cinq morts au total, comptage des voix à huis clos, en dehors des témoins de la partie adverse, et comble d’autocratie, report du scrutin dans trois localités, à l’est et à l’ouest du pays (fief de l’opposant Fayulu), pour des raisons fallacieuses. Les trois localités comptent plus d’un million d’électeurs. Un banditisme d’Etat avéré !