Avec « Autres ressemblances » Eva Tapiero rapproche les juifs et les musulmans

[Par Mortaza BEHBOUDI]

Vendredi 15 avril 2016, à la mairie du 4ème arrondissement de Paris, avait lieu de le vernissage de l’exposition de photos « Autres ressemblances » d’Eva Tapiero. Un coup de projecteur porté sur ce qui rassemble juifs et musulmans, plus que sur ce qui les oppose.

(Source : Eva Tapiero)

(Source : Eva Tapiero)

Eva Tapiero a été avocate pendant 2 ans et puis après avoir eu une sorte révélation dans sa vie, elle comprit qu’elle n’était plus heureuse et partit voyager pendant de nombreux mois, seule.

« C’est en voyageant que j’ai compris que ce que j’aimais le plus, était d’aller à la rencontre des autres et de transmettre ce que je voyais et comprenais d’eux et de leurs histoires » explique-t-elle. En rentrant de voyage elle a suivi un master de journalisme international à Londres et puis a fait un stage dans un média à Jérusalem.

(Source : Mortaza Behboudi)

(Source : Mortaza Behboudi)

Elle travaille comme journaliste depuis 2013 et a commencé au même moment à prendre des photos pour ses articles et lors de ses voyages avec l’idée de raconter des histoires à travers les photos. C’est son photo journalisme à elle. Les photos de l’exposition ont commencé à être prises dans ce but, il y a environ un an, à celles-ci s’ajoutent quelques photos plus anciennes.

« Les raisons de cette exposition sont nombreuses, mais la première, celle qui a vraiment déclenché le début du processus, ça vient de commentaires que j’ai entendus. Je ne me souviens plus exactement quels étaient les mots, mais je croisais de nombreuses personnes qui avaient fait des réflexions totalement fausses sur les juifs et les musulmans. Et je me suis dit que j’en avais assez d’entendre tellement d’erreurs et qu’on avait vraiment besoin que chacun se responsabilise un peu et essaye d’aller apprendre qui est réellement l’autre. » Détaille-t-elle.

(Source : Mortaza Behboudi)

(Source : Mortaza Behboudi)

Elle poursuit, « quand j’étais petite, j’étais arabe. Non, pas en vrai. Mais à l’intérieur. Mon père est né à Oran, en Algérie. Pour moi c’était logique. Puis on m’a dit que non, je n’étais pas arabe, j’étais juive. Puis on m’a encore dit « non ». « Ta mère n’est pas juive, tu n’es pas juive ».
Puis un jour j’ai décidé d’être qui je voulais. Dans mon travail, l’identité n’est jamais niée. Au contraire, elle est reconnue dans sa diversité. Je choisis de montrer des portraits de juifs et de musulmans. Deux mots qui aujourd’hui nourrissent tant de fantasmes.
En France, j’ai pu me rendre compte de l’ignorance et du tabou qui entourent ces deux
« communautés », mais également de ces « communautés » l’une envers l’autre. Ce sont deux problématiques à la fois différentes et extrêmement proches.
D’un point de vue plus personnel, ma construction identitaire m’a conduite à sentir que je faisais partie de ces deux mondes (juif et arabo/musulman du Maghreb) tout en ayant grandi dans cercle familial français de tradition catholique, sans que mes proches soient pratiquants ni forcément croyants.
Ainsi, combattre l’ignorance et le tabou c’est aussi combattre la peur et la haine. »

 

L’exposition « Autres Ressemblances » se déroule du 16 avril au 7 mai 2016, visite aux heures d’ouverture de la mairie du 4ème, 2, place Baudoyer 75004 Paris, Métro Hôtel de Ville – Saint-Paul, Lignes 1 et 11, Lundi – Vendredi : 8h30 – 17h, Jeudi : 8h30 – 19h30.

 

 

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