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[Par Yvette MUREKASABE]

Suite aux attaques et assassinats dans la capitale du Burundi, Bujumbura, mais aussi ailleurs, le porte-parole du chef de l’opposition Agathon Rwasa, Aimé Magera, estime que l’envoi d’une force d’interposition est plus qu’urgent.

aimé magera

Aimé Magera (source: iwacu-burundi.org)

 

La nouvelle spirale de la violence au Burundi inquiète Agathon Rwasa et son camp. Dans une déclaration sortie ce 15 novembre, Aimé Magera, son porte-parole, condamne le recours à la violence pour résoudre une crise fondamentalement politique.

Depuis peu, observe-t-il, la crise politico-sécuritaire qui sévit dans le pays prend une tournure de plus en plus dramatique. Outre des corps sans vie qu’on retrouve un peu partout, raconte M. Magera, des attaques et contre-attaques meurtrières pourtant jamais revendiquées sont signalées. Leurs cibles et les victimes civiles, indique-t-il, se comptent déjà par centaines, surtout à Bujumbura.

Pour lui, le modus operandi des acteurs rappelle tristement les dix ans des exécutions extrajudiciaires orchestrées contre des militants du FNL, fidèles à Agathon Rwasa. A la seule différence que celles-ci tendent désormais à s’étendre sur tout le territoire et sans exclusion.

Aimé Magera regrette qu’aucune explication convaincante de la part des Autorités ne soit jusque-là donnée alors que des cadavres jonchent les rivières, les lacs et les rues de la capitale.

Il apparait donc, selon M. Magera, que le gouvernement n’est plus capable d’assurer la sécurité de ses citoyens et celle des ressortissants étrangers. « Demain », lâche-t-il, « ce sera trop tard », compte tenu des répressions musclées et aveugles de l’armée et de la police dans la capitale burundaise.

Le porte-parole de M. Rwasa n’y va pas par quatre chemins : « On ne le dira donc jamais assez, le troisième mandat maudit, illégal et inconstitutionnel de M. Nkurunziza est le seul nœud de la crise burundaise et de la nouvelle spirale de la violence. »

Aimé Magera dément les accusations selon lesquelles M. Rwasa se serait rallié à la cause du régime Nkurunziza et les magouilles du Cndd-Fdd : « Ceux qui le disent étaient curieusement associés au pouvoir dans la chasse aux FNL, il n’y a pas longtemps. Jamais, Agathon Rwasa ne transigera au respect de la parole donnée, encore moins à la Constitution du pays et à l’Accord d’Arusha. »

M. Magera estime que plus de trente-cinq ans de lutte dont vingt-neuf de lutte armée pour un Etat de droit suffisent pour bien comprendre que le FNL ne peut jamais cautionner un coup de force : « Nous sommes toujours prêt à combattre politiquement toute dictature quels que soient sa couleur ou ses mobiles. » Et de signaler que son camp est au courant d’un plan peaufiné en vue d’éliminer physiquement le leader historique des FNL : « Le pouvoir doit mesurer toutes les conséquences nationales qu’un tel acte pourrait produire au cas où il est consommé. »

Contre un nationalisme « viscéral » et « hypocrite »

Selon Aimé Magera, aucun Etat, aucune personnalité étrangère, personne donc, n’a incité Pierre Nkurunziza à violer la Constitution et les Accords d’Arusha, seulement son propre entourage. Ainsi, il juge ridicules et honteuses toutes les accusations virulentes que le Pouvoir formule à l’endroit du gouvernement belge, des personnalités d’une grande renommée internationale comme l’Eurodéputé Louis Michel, Samantha Power, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies, et d’autres.

Il se demande si c’est aujourd’hui, pendant ces dix ans de pouvoir, que le pouvoir du Cndd-Fdd se rend compte que la Belgique l’a colonisé : « Il n’a qu’à assumer pleinement la responsabilité des massacres à caractère politique et l’échec de sa gouvernance catastrophique depuis dix ans. »

En revanche, il se dit satisfait des mesures déjà prises par la communauté internationale, à travers des résolutions fermes du Conseil de sécurité des Nations Unies en vue d’aider les Burundais à sortir de cette crise qui n’a fait que trop durer : « Notre satisfaction est d’autant plus grande que ces résolutions rencontrent l’assentiment de l’Union Africaine. »

Autre satisfaction, continue-t-il, c’est la toute dernière décision du Conseil de sécurité des Nations Unies, issue d’un projet de résolution soumis par la France et qui demande à M. Nkurunziza d’accepter les pourparlers de paix entre tous les protagonistes à l’extérieur du pays : « Cette requête devrait siffler la fin de la récréation. C’est un signal fort, celui selon quoi le monde entier refuse de soutenir son gouvernement autoproclamé. »

C’est pourquoi, analyse-t-il, Pierre Nkurunziza doit accepter que le dialogue soit la seule et unique voie salutaire afin de mettre en place des institutions consensuelles à l’issue desquelles des élections inclusives doivent être organisées.

M. Magera appelle à la cessation des discours de haine ethnique ouvertement entretenus par certains hauts responsables, proches et fidèles au régime de Bujumbura.

Le camp Rwasa se dit disposé à apporter sa part à l’organisation, à l’agenda, au contenu, au déroulement et au suivi-évaluation de tout le processus de dialogue interburundais piloté par la médiation internationale.
Toutefois, dans l’attente d’une médiation fiable, à même de rassurer tous les protagonistes du conflit, le porte-parole d’Agathon Rwasa recommande le déploiement d’une force internationale d’interposition pour éviter que le pire ne se produise.

La réouverture immédiate, inconditionnelle de l’espace politique et de tous les médias indépendants, gages d’une vraie démocratie et d’une démocratie épanouie, conclut Aimé Magera, s’impose.

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