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[Par René DASSIE’]

Le président camerounais a quitté Yaoundé le 16 août. Il se trouve en Allemagne où il se ferait soigner. C’est son deuxième long séjour médical en Europe depuis le début de l’année.

Cela fait trois semaines que Paul Biya a quitté le Cameroun pour l’Occident. Sans destination précise, ni motifs ni agenda officiels. Le communiqué officiel émanant de la présidence camerounaise, laconique, se contente d’évoquer « un court séjour en Europe », comme il y a six mois, en mars dernier.

Paul Biya (source : banfora.org)

Paul Biya (source : banfora.org)

Ce texte diffusé sur les médias officiels camerounais, repris et commenté par la presse privée, ajoute qu’une délégation restreinte accompagne le président camerounais, lors de ce séjour : son épouse, Chantal Biya, le Directeur du Cabinet civil, Martin Belinga Eboutou, le Conseiller Spécial à la Présidence, le Contre- Amiral Fouda Joseph, et le Chef du Protocole d’Etat, Simon Pierre Bikele.

Paul Biya se trouverait toutefois en Allemagne, selon des sources concordantes.

Au Cameroun, plusieurs voix se sont élevées sur l’opportunité de ce nouveau voyage à la veille d’une rentrée scolaire difficile, notamment dans l’extrême-nord du pays. Où les élèves de 128 écoles fermées du fait de la menace terroriste attendent d’être fixés sur leur sort.

Quelques médias proches de la présidence ont de leur côté tenté d’expliquer l’éloignement du président par son souhait de prendre du recul pour travailler sereinement, « loin des regards indiscrets », sur des dossiers sensibles.

Pour le journal La Météo qui cite « l’entourage » présidentiel, en Allemagne, Paul Biya pourrait ainsi enfin concocter le nouveau gouvernement annoncé depuis près de trois ans. Toujours selon ce journal, il pourrait aussi rencontrer des investisseurs allemands et récolter de fructueux contrats.

Cependant, cette approche ne convainc pas beaucoup de monde.

Selon des sources bien introduites, Paul Biya se serait en réalité rendu en Allemagne pour raison médicale.

« Le président connaît des difficultés de santé liées à son âge avancé -82 ans- et à l’usure du pouvoir. Il lui arrive régulièrement de demander à parler à l’ancien Secrétaire général du Palais, Jean-Marie Atangana Mebara, avant qu’on ne lui rappelle que celui-ci est en prison depuis six ans », indique sous anonymat une source proche de la présidence camerounaise.

« On dit souvent que le président travaille beaucoup. Mais en réalité, il ne fait plus grand-chose. Seuls le préoccupent ses soucis de santé et la poursuite de son pouvoir. Il veut gagner du temps dans l’espoir de mourir au pouvoir, ce qui lui éviterait bien des ennuis », ajoute cette source.

En mars dernier, Le Monde avait évoqué les problèmes de santé du président camerounais, qui d’après le quotidien français, se faisait alors soigner à Genève, en Suisse.

Issa Tchiroma Bakary (source : leseptentrion.net)

Issa Tchiroma Bakary (source : leseptentrion.net)

« L’homme lion », comme on le surnomme au Cameroun, hésiterait à subir une opération chirurgicale envisagée par les médecins », avait écrit Le Monde, provoquant une réaction particulièrement hostile du ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, un ancien opposant repenti.

Celui-ci avait crié à une manœuvre visant la déstabilisation du pays.
« Est-ce parce que le Chef de l’État du Cameroun s’est ainsi posé en gardien jaloux de cette fortune nationale, que des forces embusquées et tapies dans l’ombre, cherchent obstinément à le déstabiliser et partant, à détruire notre nation tout entière? », interrogeait Issa Tchiroma Bakary, lors d’une conférence de presse qu’il avait donnée à Yaoundé le 16 mars.

Paul Biya n’avait regagné Yaoundé que le 27 mars, après avoir passé 25 jours en Suisse.

Cette fois-ci, une partie de l’opinion camerounaise s’interroge sur la date de retour du président. Paul Biya gouverne désormais par délégation. Il s’est fait représenter à l’ouverture des jeux africains de Brazzaville (République du Congo) qui se déroule du 4 a 19 septembre par le Vice-Premier ministre en charge des relations avec les Assemblées, Amadou Ali. Le ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, le représente partout où l’on parle de la guerre contre Boko Haram. Privés de coordination, les autres membres du gouvernement camerounais se débrouillent comme ils peuvent.

 

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