Réinsertion scolaire des jeunes syriens : la force de l’ambition

Quand des jeunes syriens arrivent en France, ils sont confrontés à plusieurs difficultés comme tout réfugié. Entre autres et pas le moindre, la réinsertion scolaire qui impose la connaissance du français.

«Crocodiles» au Théâtre Dunois. L’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari

« Crocodiles » au Théâtre Dunois

«Nous avons ouvert la boîte en carton. Elle contenait le canot – dégonflé bien sûr -, les rames, la pompe, du scotch ? – et des gilets de sauvetage. Un kit parfait. L’Ikea des clandestins. Des instructions et tout.»

CROCODILES ©MatJacob

C’est ainsi qu’Enaiat, enfant afghan, raconte comment il s’est retrouvé avec des copains à traverser la Méditerranée, entre Turquie et Grèce au début des années 2000.

Parti à dix ans d’Afghanistan, Enaiat, une fois réfugié en Italie, confie son parcours d’exil en tant que «migrant mineur non accompagné » à son éducateur, Fabio Geda. Enaiat racontait et Fabio notait. A suivi un livre traduit de l’italien et publié en 2011 «Dans la mer il y a des crocodiles. L’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari » (Ed. Liana Levi), récit de son périple de cinq années à travers l’Iran, la Turquie, la Grèce, jusqu’à l’arrivée à Turin, en Italie. Vendredi 17 novembre, l’histoire d’Enaiat était sur la scène du Théâtre Dunois de Paris. L’œil de l’exilé a assisté à une représentation de « Crocodiles » de la compagnie Barbès 35 et rencontré le comédien, Rémi Fortin et la co-metteuse en scène, Cendre Chassanne.

«Lire le livre de Fabio Geda a été un choc – avoue Cendre Chassanne -. Il nous a paru indispensable de mettre en scène cette histoire pour la transmettre aux plus jeunes notamment, parce qu’ils sont les citoyens de demain, pour les inviter à se confronter avec un témoignage de vie et survie d’un enfant seul et migrant. Cela – explique la co-metteuse en scène -, parce que «Crocodiles» est une histoire intime et individuelle qui devient emblématique à la lumière de l’Histoire contemporaine et universelle et qui concerne tous ceux qui sont exilés, persécutés ou rejetés».

Dans cette adaptation réussie du livre de Fabio Geda, les metteuses en scène ont décidé de conserver la forme dialoguée originelle en la faisant jouer par un seul acteur : un formidable Remi Fortin. Au travers d’un dispositif bifrontal, l’acteur plonge le public à ses côtés, au cœur du récit.

La compagnie de Cendre Chassanne a l’objectif d’interpeller l’opinion publique sur une question d’une actualité brûlante : selon l’UNICEF, en 2016, plus de 25 000 enfants ont effectué la traversée de la Méditerranée. Un chiffre deux fois supérieur à celui de 2015 et qui continue d’augmenter.

En ce sens, comme soutient la co-metteuse en scène, «le récit d’Enaiat est symbolique d’un voyage tragique et incroyablement chanceux comme celui d’un Ulysse contemporain à la recherche d’une nouvelle patrie».

Un Ulysse hazara, ethnie persécutée par les Taliban, qui a juste dix ans lorsque sa mère l’abandonne au-delà de la frontière, au Pakistan, aux mains de passeurs. Elle souhaite lui donner une chance de sauver sa vie et son espoir sera récompensé. En fait, le long et périlleux périple de son enfant se terminera miraculeusement bien. Parce qu’après son arrivée en Italie, c’est enfin une deuxième vie qui s’ouvre pour Enaiat, jeune héro rejeté de son pays.

CROCODILES ©MatJacob

« Beaucoup de gens pensent que les talibans sont afghans, mais ce n’est pas vrai. Bien sûr, il y a aussi des Afghans parmi eux, mais pas seulement. Ce sont des ignorants du monde entier qui empêchent les enfants d’apprendre : ils ont peur que nous comprenions qu’ils n’agissent pas pour Dieu mais pour leur propre compte. »

Comme Enaiat a pu le vérifier, il n’y a pas de crocodiles dans la mer.

Notre jeune héro l’a appris en traversant la mer Méditerranée en une seule nuit sur un bateau gonflable et scotché. Il l’a appris en entreprenant avec courage et intelligence son parcours d’exil.

La mer, comme la vie, grouille toutefois de prédateurs.

Mais Enaiat a pu heureusement rencontrer beaucoup de personnes bienveillantes qui lui ont permis de poursuivre son chemin vers Turin, en Italie, où il avait l’un de ses amis d’enfance et il est pris en charge par une famille d’accueil.

Enfant, Enaiat est victime du monde adulte et de ses guerres. Il est une victime qui est en même temps vulnérable, héroïque et il s’en sort. C’est exactement cette destinée que Chassanne souhaite transmettre à son public. « Les médias nous donnent des chiffres et des images mais ils ne nous racontent pas les milliers d’histoires d’enfants et d’individus qui ne s’en sortent pas ; Enaiat a lutté et il a eu plus qu’une bonne étoile. Son histoire représente un regard diffèrent et exemplaire pour en raconter beaucoup d’autres qui restent dans le silence. »

« Un jour, j’ai lu que le choix d’émigrer naît du besoin de respirer. C’est vrai. L’espoir d’une vie meilleure est plus fort que tout autre sentiment. Par exemple, ma mère a décidé qu’il valait mieux me savoir en danger loin d’elle mais en route vers un futur différent que me savoir en danger près d’elle, dans la boue et dans la peur pour toujours. »

La mise en scène de la compagnie Barbès 35 est simple et sobre pour une histoire hors normes et interprétée avec une force et une énergie percutante qui rend palpable la tragédie de l’immigration aujourd’hui, de la violation des Droits de l’Homme et de l’Enfant. Tout cela nous remet en cause sur la question de l’accueil et de la solidarité internationale.

Parce que le regard d’Enaiat est absolument factuel, sa parole est authentique et atemporelle dans ce récit issu du drame humain des migrants qui n’ont pas d’autres choix que d’entreprendre un voyage souvent sans retour vers l’Europe.

La mise en scène, qui suit assez fidèlement le livre de Fabio Geda, se termine sur un coup de téléphone particulièrement touchant. Après huit ans loin de l’Afghanistan, une fois accueilli dans une chaleureuse famille de Turin, Enaiat peut enfin rentrer en contact avec sa mère :

CROCODILES ©MatJacob

« Il voulait me passer quelqu’un au téléphone. (…) J’ai dit: Maman. (…) Du combiné est arrivé un souffle léger, humide et salé. Alors j’ai compris qu’elle pleurait, elle aussi. (…) Ce sel et ces soupirs étaient tout ce qu’une mère et un fils peuvent se dire, après tant d’années. Nous sommes restés comme ça, en silence, jusqu’à ce que la communication soit interrompue. A ce moment, j’ai su qu’elle était encore vivante et peut être que là, pour la première fois, je me suis rendu compte que je l’étais aussi. Je ne sais pas bien comment. Mais moi aussi, j’étais vivant. »

Une histoire émouvante qui insuffle à son public l’urgence de prendre en main la question de l’accueil, de la tolérance, de la liberté et des droits humains. Le public a envie d’échanger avec la compagnie en fin de chaque représentation sur la scène du Théâtre Dunois. Et le dialogue s’ouvre, les questions se multiplient, sans préjugés, ni frontières.

« Crocodiles » de la Compagnie Barbès 35 au Théâtre Dunois (lien à associer  :) est en partenariat avec L’Italie à Paris

Note de la rédaction : Enaiat a aujourd’hui obtenu son statut de réfugié politique et il fait des études en Sciences Politiques Internationales en Italie.

Kidexpo: l’art de s’adresser aux enfants !

300 exposants, 20.000 m² d’animations gratuites, plus de 100 spectacles sur Kids en scène ainsi qu’un goûter géant, servi à tous les visiteurs, ont été mis en places pour assurer le bon déroulement de cet événement unique en son genre.

Informer, sensibiliser et amuser les enfants, tels sont les défis qui se sont lancés les organisateurs de la 11ème édition de Kidexpo. Elle a eu lieu, du 26 au 30 octobre précédent, à porte de Versailles, Parc des Expositions. Plus de 80.000 familles, venues principalement de l’Ile de France, ont visité ce salon. Une réussite indiscutable, estiment les visiteurs rencontrés sur place.

 

La protection des enfants sur internet, au cœur de l’exposition

Le stand du ministère de l’intérieur, situé juste à l’entrée, est venu cette année avec une panoplie d’idées et de nouveautés. Le corps de la gendarmerie nationale s’est fait remarqué par des professionnels du web sécurité qui prennent, d’emblée, en charges les enfants en vue de leurs expliquer la conduite à tenir quand ils sont devant leurs ordinateurs et d’autres objets connectés.

A quoi faut-il faire attention et les pièges auxquels ils peuvent très rapidement se heurter. En clair, les dangers d’internet et des réseaux sociaux. Animé par de vrais psychopédagogues, cet atelier a eu un engouement assez particulier !

Leurs confrères de la police nationale ont, eux aussi, organisé un atelier ludique portant sur l’attitude à adopter lors des déplacements des enfants, à pied ou dans les divers transports quotidiens. Un réel travail civique et éducatif.

La protection civile aussi s’est jointe au projet et, a fait dans la sensibilisation et l’information. Ce qu’a fait plaisir aux enfants c’est que l’ensemble de ces activités ont été récompensées par des cadeaux et des attestations de réussites.

 

Un moteur de recherche pour enfants et un lab High Tech

Qwant junior est un logiciel proposé par une start up française qui permet aux enfants d’avoir un moteur de recherche propre à eux. Ce logiciel qui n’est pas « monsieur google » où l’on ne peut pas contrôler tout ce qui peut s’inviter comme contenu choquant. Il sert aux enfants d’outil pour faire leurs devoirs et, effectuer des recherches sur le net sans la présence et le contrôle des parents.

Au stand A8, l’innovation et la French Tech étaient au rendez-vous. Le Lab by Kidexpo est un espace High tech dédié entièrement à la présentation de projets innovants «made in France». Initiés par des jeunes talents français, l’objectif est de faire plaisir et d’accompagner les parents dans l’éducation et la formation de leurs enfants. Des projets créatifs d’une extrême importance. D’ailleurs, le prix de l’innovation by kidexpo a été décerné à un lauréat qui a présenté le meilleur projet innovant.

Une belle marque de reconnaissance pour ceux qui sont à l’avant garde du progrès dans le secteur de la famille ; estime l’un des représentants du salon.

«Un esprit sain dans un corps sain», cette devise est, également, abordée durant cet événement. Et ce, à travers plusieurs stands dédiés au sport, à l’alimentation et aux ateliers de cuisines.

Nous avons eu l’impression que ceux qui étaient à l’origine de cette manifestation avaient tout misés pour sensibiliser la nouvelle génération de tous les enjeux et les défis auxquels elle doit se préparer. Les transports écolos, respectant l’environnement et prenant soin de l’écosystème en faisaient aussi partie.

Il y a lieu de signaler que parmi les grands rendez-vous du Kidexpo, ce goûter géant et les kids en scène by kidespo. Pour ne citer que cela !

 

Cinq jours de bonheur, d’instruction, d’amusement et de plaisir. « Un événement hors du commun qui s’impose comme étant le plus grand événement familial de l’année ! », considère Anne-France MAREINE, commissaire générale du Salon.

Avant de nous donner rendez-vous pour l’année prochaine à la même période et au même endroit, les organisateurs nous ont annoncé l’installation de kidexpo à Lyon, du vendredi 13 au dimanche 15 avril 2018.

La ville et ses frontières

« La ville et ses frontières » a été le thème autour duquel s’est déroulée, du 6 au 10 Novembre 2017, la Semaine Italienne à l’École Normale Supérieure (ENS) de Paris. L’événement a été organisé avec l’intention de poser un regard sur « l’évolution des villes italiennes, et notamment sur le rôle majeur de l’immigration et des perspectives postcoloniales dans la redéfinition d’une identité des espaces urbains du pays », a expliqué l’un des organisateurs Nicola Brarda.

Durant ces cinq jours, des journalistes, des chercheurs, des activistes, mais aussi des artistes et des écrivains ont rencontré le public pour débattre du rôle de la ville face à l’accueil des migrants. « L’Œil de l’exilé » a été présent lors de deux rencontres à l’ENS.

« Un héritage refoulé: du sujet colonial au réfugié »

C’est le sujet de la rencontre du mercredi 8 novembre, durant laquelle a été projetée le film « Stanze » (Pièces) de Gianluca et Massimiliano De Serio. Le film a été tourné à l’intérieur de l’ex caserne La Marmora de Turin, « lieu symbolique pour Turin et l’Italie – a expliqué Gianluca De Serio, présent à la projection – car elle représente tout ce qui a été refoulé dans l’histoire italienne ».

La caserne a été construite à la fin du XIX siècle, pendant les années des premiers élans colonialistes italiens dans la Corne de l’Afrique; au cours de la Seconde Guerre Mondiale elle a servi aux fascistes de lieu de détention et de torture des dissidents et partisans; actuellement en état d’abandon, la caserne a été occupée provisoirement par 400 refugiés somaliens entre septembre 2009 et août 2010.

Durant ces mois là, Gianluca et Massimiliano De Serio sont entrés dans l’ex caserne pour rencontrer ces nouveaux habitants et écouter leurs histoires, « de longues odyssées à travers le désert, la méditerranée et la bureaucratie italienne », a continué De Serio.

Les deux réalisateurs ont ensuite lu les témoignages des partisans qui ont étés torturés et tués dans l’ex caserne, dont les actes se trouvent à l’Archive d’État de Turin. Grâce à l’intervention de la poétesse somalienne Suad Omar, les récits des résidents somaliens ont été croisés avec ceux des partisans et transformés en vers poétiques. Le résultat est un « court-circuit entre passé et présent – a expliqué De Serio – dans lequel les souffrances passées et présentes se croisent et se superposent dans une sorte de fondu enchaîné ».

« Lire les témoignages des partisans a été choquant pour moi – a avoué Suad Omar – car j’ai constaté que les fascistes italiens avaient massacrés leurs compatriotes de la même manière qu’ils avaient massacré les somaliens lors de l’occupation coloniale». D’ailleurs, a continué Omar, « c’est justement à cause de ce passé colonial que les somaliens choisissent l’Italie comme destination de leurs migrations ».

Le film est composé d’une série de plans-séquences à l’intérieur des pièces vastes et vides de la caserne, dans lesquelles les nouveaux hôtes récitent, selon les règles de la tradition poétique orale somalienne, leur calvaire. Peu à peu les paroles des migrants se fondent avec celles des partisans qui, en ces mêmes pièces, ont été torturés. « Les migrants ont raconté leurs histoires avec beaucoup de pudeur – a expliqué De Serio – alors que à l’Archive d’État les tortures aux partisans sont minutieusement détaillées : c’est donc à travers les mots des partisans que les migrants ont pu faire sortir leurs propres souffrances si difficiles à raconter ».

Les migrants d’aujourd’hui, relégués aux marges de la ville, se font ainsi porteurs d’un passé et d’une identité oubliée qui les rend acteurs du présent identitaire de la ville même.

 

« L’appropriation des lieux: réinventer une ville »

Sujet de la rencontre du 9 novembre, dans laquelle on a parlé de l’occupation en 1990 de l’ex usine de pâtes Pantanella de Rome de la part de centaines de migrants.

En 1989, en raison de la préparation de la Coupe du Monde de football en Italie, la police de la ville de Rome procède à un « nettoyage » pour libérer le centre-ville des pauvres et des migrants qui y stationnent sans abris. Ces derniers commencent alors à s’installer dans l’ex usine de pâtes Pantanella, à l’abandon depuis 1970. Les locaux délabrés, sans eau, sans électricité, sans vitres aux fenêtres, commencent à se peupler de migrants provenant pour la plupart du Bangladesh et du Pakistan.

Durant les six mois d’occupation, de juin à janvier 1991, ce lieu a hébergé plus de 3500 personnes. « C’était une sorte d’Ellis Island romaine – a commenté, lors de la rencontre, Stefano Montesi, photoreporter qui a passé six mois à la Pantanella pour en témoigner l’évolution – les migrants s’étaient accueillis tous seuls car personne d’autre ne l’avait fait pour eux».

Montesi a raconté l’extrême organisation qui s’était instaurée à l’intérieur de l’ex usine : « il y avait un cinéma, un marché, des restaurants, un journal interne, une école d’italien et même un service de sécurité pour éviter l’introduction de drogues et alcool parce que – a expliqué Montesi – ce que les immigrés voulaient surtout éviter c’était que la Pantanella se transforme en un ghetto ».

L’expérience de la Pantanella a été l’expression du premier phénomène d’immigration de masse en Italie, qui devenait précisément dans les années ’90, pour la première fois dans son histoire, un pays d’immigration. La Pantanella attira l’attention d’associations et activistes [d’activistes et d’associations d’aide aux migrants qui venaient de se constituer] en aide aux migrants qui venaient de se constituer. La première mosquée officielle de Rome fut inaugurée dans l’ex usine, avec le soutien de Don Luigi Di Liegro, directeur de la Caritas diocésaine de Rome. Les habitants de la Pantanella constituèrent une de premières associations de migrants, la United Asian Workers Association, à travers laquelle ils dénonçaient aux autorités romaines les conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient contraints de vivre.

Malgré les appels et les mobilisations, le Shish Mahal (« Palais de Crystal »), comme ses nouveaux hôtes l’avaient ironiquement surnommé fit l’objet de polémiques féroces de la part de l’opinion publique à auxquelles contribua même la presse. Dans les principaux journaux nationaux, en fait, la Pantanella était désignée comme « bombe ethnique », « casbah », « purgatoire des immigrés », « usine des extracommunautaires », « lambeau ethnique », « cloaque », « coin du tiers monde », et ainsi de suite. Finalement, les 3500 résidents de la Pantanella furent évacués le 31 janvier 1991.

Une « occasion manquée », c’est ainsi que le journaliste Giuliano Santoro a défini, au cours de la rencontre, l’occupation de la Pantanella. Santoro, dans son livre « Al palo della morte » , parle des transformations que cette expérience a apporté au quartier avoisinant l’ex fabrique, où aujourd’hui résident beaucoup d’ex hôtes du Shil Mahal. « Les migrants sont toujours perçus comme sujets passifs – a continué Santoro – alors que dans la gestion de la Pantanella ils ont démontré qu’ils avaient leur propre autonomie et qu’ils étaient capables de se constituer en sujet politique. Ça a été une grande leçon pour le débat politique italien en matière de migration ».

Aujourd’hui, l’ex usine Pantanella a été transformée en résidence de luxe.

Les photographies de Stefano Montesi, qui racontent la vie et l’organisation de la Pantanella pendant son occupation, sont visible ici.

De plus, une partie de ces photographies est exposée dans la hall de l’ENS jusqu’au 20 novembre 2017 (45 rue d’Ulm, 75005 Paris).

 

Musique sans Frontières-Paris présente le Syrian Expat Orchestra et d’autre surprises

 

 

L’association Musique sans Frontières-Paris annonce une soirée musicale : Ensemble, le 2 décembre 2017, au centre d’Art et de Culture de Meudon.

Pour la toute première fois en France, un ensemble du Syrian Expat Orchestra (SEPO) dessine avec l’artiste lyrique meudonnaise Barbara Morihien, la jeune violoniste Helena Duterte et son professeur bulgare Christo Tchalakov, et le duo de musique irlandaise formé par Laurent Delahaye et Michel Sikiotakis, une mosaïque musicale de cultures et de voyages.

Découvrez des interviews des membres de l'orchestre Expat Philamornic Orchestra

Goncourt 2017

Du suspens, encore du suspens !

Qui de ces quatre écrivains, sélectionnés lors de la troisième sélection des Goncourt, gagnera le prix cette année ?  Les dix membres de l’académie réunis, le 30 octobre 2017 au restaurant Drouant à Paris, semblent un peu égarés dans leurs choix des quatre finalistes.

Les votes étaient serrés pour parvenir enfin à en extraire les ouvrages ultimes pour la prochaine finale qui a lieu ce lundi 6 novembre.

Le prix Goncourt sera annoncé à la presse, comme à l’accoutumée, entre midi et 14 heures, à partir des escaliers Ruhlmann de ce célèbre lieu, le Drouant.

Après un débat qui s’annonce, d’ores et déjà, houleux, au salon Goncourt, siège de cette académie depuis 1914, le jury, chapeauté par Bernard PIVOT, serait dans l’obligation d’en élire un seul des quatre livres qui ont marqué la rentrée littéraire 2017. Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard) ; Bakhita de Véronique OLMI (Albin Michel) ; L’Ordre du jour d’Eric VUILLARD (Actes Sud) et, enfin, L’Art de perdre d’Alice ZENITER (Flammarion) sont en compétition pour tenter de gagner l’un des prix littéraires  le plus convoité de la scène littéraire française

L’Art de perdre est déjà donné favori, selon des lecteurs bien avertis. À juste titre, ce roman traite de l’épineuse question des Harkis. Cette équation à plusieurs inconnus qui rappelle un passé douloureux partagé entre bon nombres d’algériens et de français. Zeniter voulait a travers cet ouvrage casser ce tabou qui renvoit les deux peuples précités, à une période  coloniale de l’histoire, qui n’était pas forcément glorieuse. À travers trois générations, Zeniter dont la famille est originaire de Kabylie en Algérie, questionne, retrace et bouscule l’ordre établi pour tenter de comprendre ce qui s’était réellement passé. Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, cette question demeure toujours d’actualité. Et l’actuel contexte politico-social de la France, interroge la troisième génération, représentée dans le livre par Naima, a se poser des questions par rapport à ses origines, à son identité et à une histoire familiale qu’on lui jamais expliqué ! Une interrogation qui suscite, parfois des rancœurs et des regrets. Un très beau livre qui mérite d’être couronné, ne serait-ce que pour le travail de mémoire qui a été effectué dans un style romanesque remarquable !

Véronique OLMI, est susceptible aussi de créer la surprise cette année. Dans un ouvrage intitulé BAKHITA, de nom d’une petite fille du Darfour du XIX e siècle enlevée par les criminels négriers pour la vendre dans un marché d’esclaves au Soudan, jusqu’au jour où elle s’est fait rachetée par le consul d’Italie qui la confie a des religieuses. Bakhita est baptisée puis devenue sœur pour échapper à des souvenirs d’enfance, garnis de souffrance et de calvaire. L’auteure a su décrire une grande tragédie en essayant de dissimuler le côté chaotique de l’histoire.

Les deux autres livres méritent également d’êtres primés, l’un qui parle du monde complexe du cinéma et l’autre des méandres de l’histoire nazie, ils ont fait et marqués la rentrée littéraire de cette année. Que le meilleur gagne !

Hamid BOUZID

L’actualité de l’Iliade jouée par des détenus au théâtre

 

« Toute peine a une fin. »

Cette affirmation résonne avec la guerre à laquelle se livrent Grecs et Troyens dans l’Iliade d’Homère. Une histoire mythologique qui devient prétexte pour s’interroger sur les causes de l’abus de pouvoir, sur le manque de respect de la dignité des hommes, mais aussi sur le principe de fidélité à un idéal, sur le sens de l’amitié ou encore sur la beauté de l’intelligence en action.

L’œil de l’exilé a pu assister au premier des dix chants de l’Iliade au Théâtre Paris-Villette, accueillant pendant dix jours, en mai dernier, un projet théâtral hors-norme avec des détenus du centre pénitentiaire de Meaux.

Une nouvelle mise en scène en version réduite aux épisodes I et II du projet original, aura lieu à partir de ce soir à 20 heures, pour trois jours, le 18, 19 et 20 octobre, à Mains d’Œuvres (1 Rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen).

L’Iliade, une mise en scène resserrée sur le noyau chaud du récit et réduite à l’essentiel, dans l’adaptation d’Alessandro Baricco, à l’image du travail que le metteur en scène Luca Giacomoni a initié en prison.

« L’occasion – nous raconte le metteur en scène – s’est présentée en 2015, au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, lorsque Irene Muscari, responsable de l’activité culturelle de la prison, m’a proposé de lancer un travail théâtral dans le cadre d’un programme de prévention et de lutte contre le terrorisme. J’ai choisi de traiter le sujet de manière frontale et de raconter cette guerre légendaire entre Achéens et Troyens. » Une histoire où l’épuisement du combat est associé à la nécessité d’une résolution et d’un retour chez soi. L’objectif premier de ce projet culturel qui souhaite reconstruire un intérêt en lieu du rejet mutuel installé entre la société et ceux qui ont contrevenu à ses règles.

« Le théâtre existe pour réunir la société humaine – affirme Giacomoni -. Depuis toujours, les hommes se réunissent pour faire vivre des histoires qui sont comme des énigmes, lumineuses et inquiétantes à la fois. Le théâtre est ce rendez-vous, ce moment « de vie dans la vie » destiné à organiser momentanément le chaos, à recomposer ce qui est fragmenté. Dans cette perspective, la fonction du metteur en scène est simple : il s’agit d’organiser le rendez-vous. Le metteur en scène est là pour réunir les conditions nécessaires afin que les acteurs et les spectateurs puissent vivre une seule et même expérience, le plus intensément possible. »

Abordant ce récit de guerre comme un écho de notre temps, le travail mené par la dramaturge, Marta Fallani, s’attache à adapter les vers de l’épopée mythologique aux voix et aux corps de chaque acteur-narrateur. « Chacun a ainsi interpréter son rôle en partant de sa propre vie la compréhension du récit et apporter ainsi sa touche personnelle au récit collectif », témoin Fallani. « C’était un ovni pour le nouveau groupe de détenus à qui il fallait donner envie de participer à l’aventure, et dont un seul avait dû assister à une représentation théâtrale dans toute sa vie ». Il a fallu d’abord s’apprivoiser et déjouer les a priori et stéréotypes. « Ceux qui sont resté dans le projet – on lit sur la publication éditée lors de la première mise en scène au Théâtre Paris-Villette -, ils ont perçu l’intensité et les lignes de force du texte millénaire qui dissèquent la mécanique du conflit avec soi-même, avec l’autre, avec la société́, et entre directement en résonance avec leur vécu ». 

Luca Giacomoni est metteur en scène et directeur artistique de la Cie TRAMA

Parallèlement à son cursus universitaire en Lettres et Philosophie (Université de Bologne, Italie), Luca étudie la danse et le théâtre. Quelques années plus tard, il s’oriente vers la mise en scène et intègre l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris. Il complète sa formation avec Eugenio Barba et les acteurs de l’Odin Teatret sur le projet Università del Teatro Eurasiano.

Pendant cinq ans il suit le travail de Gennadi Bogdanov, héritier de la biomécanique théâtrale de Meyerhold, jusqu’à la réalisation de Georges Dandin. En 2009, il participe à un stage du Théâtre du Soleil. Suite à cela, Ariane Mnouchkine lui prête la salle de répétition à la Cartoucherie de Vincennes pour poursuivre le travail entamé. Plus de cent personnes se manifestent pour suivre l’atelier et forment un groupe de recherche international : c’est la naissance de la compagnie TRAMA.

Parallèlement aux productions théâtrales, l’action artistique de la compagnie s’oriente vers les écoles d’art, les maisons de retraite, les hôpitaux et les foyers d’accueil afin de créer un contact avec des publics différents et retrouver la source d’un théâtre vivant. Il invite par la suite des artistes de renom comme Yoshi Oïda, Richard Schechner, Germana Giannini, Joëlle Bouvier ou Alain Maratrat qui viennent animer des sessions et préparer le groupe aux interventions. Luca Giacomoni travaille actuellement à la création d’un lieu, à Paris, entièrement dédié à la narration et à l’art du récit.

L’œil de l’exilé a rencontré le réalisateur Luca Giacomoni. Interview.

Pensez-vous qu’il est correct de définir votre travail comme « théâtre engagé »?

« Je crois qu’une œuvre d’art, en tant que telle, est toujours « engagée ». L’art dramatique n’y échappe pas. L’expérience que nous vivons au théâtre (si elle est « juste », au sens musical du terme) remet nécessairement en cause nos comportements habituels, notre pensée et la compréhension ordinaire que nous avons de la vie. C’est un acte politique et radicalement intime à la fois, qui ne nous laisse pas tranquille. Ça nous remet en question. En ce sens, le théâtre est toujours engagé : il a le pouvoir de nous éduquer, de nous ouvrir à un monde plus vaste, plus complexe, plus riche. »

Comment une série d’épisodes change-t-elle la préparation de la compagnie par rapport à un spectacle?

Présenter au théâtre une série d’épisodes signifie présenter chaque soir un spectacle diffèrent. Dix spectacles d’une heure, avec une distribution mixte d’acteurs professionnels et d’amateurs. Tout ceci a plusieurs conséquences : avant tout, faire le deuil de l’idée traditionnelle de spectacle – c’est à dire une « machine » bien huilée qui fonctionne sur une structure de rendez-vous clairs et définis ; puis accepter le côté « brut » des différentes représentations, à la lisière entre forme fixe et improvisation ; enfin, tâcher de tenir le fil du récit à l’intérieur d’une narration fragmentée et dense de rebondissements comme celle d’Homère. Un véritable tour de force !

Pourquoi choisir cette œuvre?

Pour être fidèle à Homère, et respecter l’envergure de cette guerre, son immensité, sa démesure. Pour dire l’épuisement du combat, et rendre sur scène la densité de l’épopée, nous avons choisi un geste théâtral fort : 10 représentations d’une heure pour porter chaque soir une partie de l’histoire, en temps réel. Représenter un spectacle en 10 dix jours veut dire inviter le spectateur à une expérience qui rappelle à la fois les fêtes dionysiaques de la Grèce ancienne et, plus très de nous, la construction des séries.

Le théâtre en prison: quelles ont été les plus grandes difficultés dans la réalisation de ce projet ?

Avant tout, le manque d’écoute et d’attention. Il est très difficile de faire comprendre à des amateurs – et à des amateurs qui vivent dans les conditions dures de la détention – que l’art dramatique est un travail exigeant, sérieux, qui demande toute sorte d’effort : arriver à l’heure, se préparer, travailler en groupe, rester concentrés, se donner au travail. Tout ceci est évident pour les professionnels, mais ce n’est pas le cas pour les amateurs. C’était – et c’est encore aujourd’hui – la plus grande difficulté… Il nous a fallu du temps. Petit à petit, il s’est installé un climat de confiance et tout le monde s’est investi à 100% dans le projet. Mais ça nous a demandé neuf mois de travail, un véritable accouchement. Aussi, nous avons souvent fait face à l’inertie à contre-courant de la vie en prison : la rigidité des horaires, la lenteur des procédures administratives, la fatigue des participants, les blocages d’un secteur de la prison, etc. La liste est longue.

Est-ce la première fois que vous travaillez avec des détenus?

Oui, c’est la première fois. Mais le désir est là depuis très longtemps.

Y a-t-il un « code » que vous devez posséder pour travailler dans ce domaine ?

Je ne parlerais pas de « code »… Disons plutôt que ça demande encore plus de patience, de sensibilité et de détermination que d’habitude.

Sur scène, on écoute les chansons d’une chanteuse iranienne : pourquoi ce choix ?

Au théâtre, le chant et la musique sont là pour raconter ce que les mots ne peuvent pas dire. C’est une autre couche, plus fine, invisible, qui soutient et donne profondeur à la narration. Quand j’ai écouté Sara, j’ai trouvé dans sa voix et dans les chants traditionnels persans la même couleur, la même force et la même ampleur d’horizon que je retrouve dans les mythes d’Homère. Je ne saurais pas le dire autrement.

Quels étaient ses objectifs initiaux ? A-t-il été possible de les atteindre ? Comment ont-ils évolué ?

Je travaille depuis le début de l’aventure avec deux objectifs : d’un côté, tenter de comprendre l’énigme de la guerre à travers un récit collectif, à travers les efforts conjoints d’un groupe d’acteurs ; de l’autre côté, questionner la notion de virilité, et porter sur scène la beauté (et la difficulté) d’être un homme. Homère m’a aidé à m’approcher du premier objectif ; les détenus que j’ai rencontrés à Meaux ont fait le reste.

Êtes-vous satisfait du résultat?

Oui et non. Depuis que nous avons été au Théâtre Paris-Villette, nous avons eu énormément de satisfactions, humaines et artistiques. Mais le « goût du plat » n’est pas tout à fait celui que je souhaite. Le récit n’est pas encore assez fluide, vivant. La structure générale n’est pas assez solide. Simplement, il nous faut encore du temps. Mais nous avons repris le travail à la rentrée et je suis très confiant pour les résultats à venir car l’équipe artistique est vraiment extraordinaire.

Prochaines étapes de ce projet?

Après les représentations au Théâtre Paris-Villette, les 10 épisodes ont été retravaillés avec une distribution composée uniquement d’acteurs professionnels et d’ex-détenus afin de peaufiner la narration et structurer davantage la mise en scène. Nous travaillons aussi à la diffusion en région parisienne et en France, selon différentes modalités : l’intégrale en 10 dates d’une durée 1h (un épisode par soir) ; l’intégrale en 5 dates d’une durée de 2h30 avec entracte (2 épisodes par soir) ; ou bien des épisodes isolés d’une durée d’1h.

Prochain rendez-vous le 18, 19 et 20 octobre, à la Mains d’Œuvres (1 Rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen), à 20 heures. Pour en savoir plus cliquez ici.

Festival Viva Mexico – Étiqueta NON RIGOUROSA – Coup de cœur Cinéma

Au début du mois d’octobre, le festival « Viva Mexico » a  valorisé les rencontres cinématographiques et lancé sa 5ème édition avec de talentueux invités mexicains de renommée internationale ! La Maison des Journalistes a remis un titre « coup de cœur », le choix fut difficile.

Djibril Diaw : « Au nom des membres du jury, je remercie le festival « Viva Mexico 🇲🇽 » de sa collaboration avec la Maison des Journalistes. L’association permet aux journalistes persécutés et menacés de mort de trouver un refuge. »

 

 Le choix du meilleur film – coup de cœur de la Maison Des Journalistes – fût très difficile. 
Nous, membres du jury, avons eu beaucoup  de difficultés à trancher… 
Mais comme toute compétition il faut un gagnant ! 
Nous nous somme basé sur les sujets des Droits de l’Homme et de la Liberté d’Expression. Et le film qui a retenu l’attention des membres du jury est :

Étiqueta NON RIGOUROSA

C’est un film dont le sujet est toujours d’actualité dans le monde d’aujourd’hui : l’histoire d’un couple d’homosexuels qui se bat pour célébrer son mariage, malgré les blocages administratifs et politiques…

Date de réalisation : 2016 / Studio : La Cleta Films / Réalisé par Cristina Herrera Borquez / Produit par Sabrina Almandoz / Pour accéder au site internet du film, cliquez-ici.

Jury pour le prix Maison des Journalistes
Beraat GÖKKUŞ, réalisateur et journaliste turc, francophone, actuel résident de la MDJ
Djibril DIAW, réalisateur et journaliste mauritanien, francophone, ex résident de la MDJ
Hassanein NEAMAH, réalisateur et journaliste irakien, francophone, ex résident de la MDJ
Béatrice CYUZUZU, journaliste télé rwandaise, francophone, actuelle résidente de la MDJ
Djibril DIALLO, réalisateur mauritanien, francophone, ex résident de la MDJ

Leila Shahid : Le cinéma est beaucoup plus expressif que l’essai politique

[Par Hicham MANSOURI]

Cet article a été publié en partenariat avec le journal Kezako du Festival de Douarnenez

Leila Shahid

Après 27 ans d’absence, la grande Leila Shahid – l’ex-ambassadrice de la Palestine en France, Irlande, Pays-Bas, Unesco puis Union Européen – est de retour au festival de Douarnenez. Elle y voit « comme un signe du destin » car elle vient remplacer Omar Barghouti, qui n’a pas pu venir pour cause d’empêchement familial. « Je ne pouvais qu’accepter l’invitation car j’aime ce festival et je lui dois bien ça », raconte-t-elle avec sincérité.

Avant de participer au débat sur l’occupation de la Palestine jeudi, elle a pu voir plusieurs films pendant trois jours. «J’adore le cinéma. J’ai toujours pensé que le cinéma est un moyen beaucoup plus expressif que l’essai politique parce qu’il est un art… ça touche aussi les émotions » nous explique l’ancienne diplomate palestinienne.

 

Un festival révélateur

Pour Leila, le festival est très bien organisé. La preuve? Elle évoque notamment la qualité, les longues files d’attente et la musique « qui rend les gens heureux » selon son expression. «Quand je vois ça, je me dis que la France va bien. Dans le milieu politique on a besoin d’actions comme celles de ce festival. Je dis bravo aux organisateurs et aux bénévoles ! »

En souhaitant au festival plus de soutien à l’avenir, elle nous promet déjà qu’elle sera là avec son mari pour la prochaine édition, en tant que spectatrice.