Réinsertion scolaire des jeunes syriens : la force de l’ambition

Quand des jeunes syriens arrivent en France, ils sont confrontés à plusieurs difficultés comme tout réfugié. Entre autres et pas le moindre, la réinsertion scolaire qui impose la connaissance du français.

Kidexpo: l’art de s’adresser aux enfants !

300 exposants, 20.000 m² d’animations gratuites, plus de 100 spectacles sur Kids en scène ainsi qu’un goûter géant, servi à tous les visiteurs, ont été mis en places pour assurer le bon déroulement de cet événement unique en son genre.

Informer, sensibiliser et amuser les enfants, tels sont les défis qui se sont lancés les organisateurs de la 11ème édition de Kidexpo. Elle a eu lieu, du 26 au 30 octobre précédent, à porte de Versailles, Parc des Expositions. Plus de 80.000 familles, venues principalement de l’Ile de France, ont visité ce salon. Une réussite indiscutable, estiment les visiteurs rencontrés sur place.

 

La protection des enfants sur internet, au cœur de l’exposition

Le stand du ministère de l’intérieur, situé juste à l’entrée, est venu cette année avec une panoplie d’idées et de nouveautés. Le corps de la gendarmerie nationale s’est fait remarqué par des professionnels du web sécurité qui prennent, d’emblée, en charges les enfants en vue de leurs expliquer la conduite à tenir quand ils sont devant leurs ordinateurs et d’autres objets connectés.

A quoi faut-il faire attention et les pièges auxquels ils peuvent très rapidement se heurter. En clair, les dangers d’internet et des réseaux sociaux. Animé par de vrais psychopédagogues, cet atelier a eu un engouement assez particulier !

Leurs confrères de la police nationale ont, eux aussi, organisé un atelier ludique portant sur l’attitude à adopter lors des déplacements des enfants, à pied ou dans les divers transports quotidiens. Un réel travail civique et éducatif.

La protection civile aussi s’est jointe au projet et, a fait dans la sensibilisation et l’information. Ce qu’a fait plaisir aux enfants c’est que l’ensemble de ces activités ont été récompensées par des cadeaux et des attestations de réussites.

 

Un moteur de recherche pour enfants et un lab High Tech

Qwant junior est un logiciel proposé par une start up française qui permet aux enfants d’avoir un moteur de recherche propre à eux. Ce logiciel qui n’est pas « monsieur google » où l’on ne peut pas contrôler tout ce qui peut s’inviter comme contenu choquant. Il sert aux enfants d’outil pour faire leurs devoirs et, effectuer des recherches sur le net sans la présence et le contrôle des parents.

Au stand A8, l’innovation et la French Tech étaient au rendez-vous. Le Lab by Kidexpo est un espace High tech dédié entièrement à la présentation de projets innovants «made in France». Initiés par des jeunes talents français, l’objectif est de faire plaisir et d’accompagner les parents dans l’éducation et la formation de leurs enfants. Des projets créatifs d’une extrême importance. D’ailleurs, le prix de l’innovation by kidexpo a été décerné à un lauréat qui a présenté le meilleur projet innovant.

Une belle marque de reconnaissance pour ceux qui sont à l’avant garde du progrès dans le secteur de la famille ; estime l’un des représentants du salon.

«Un esprit sain dans un corps sain», cette devise est, également, abordée durant cet événement. Et ce, à travers plusieurs stands dédiés au sport, à l’alimentation et aux ateliers de cuisines.

Nous avons eu l’impression que ceux qui étaient à l’origine de cette manifestation avaient tout misés pour sensibiliser la nouvelle génération de tous les enjeux et les défis auxquels elle doit se préparer. Les transports écolos, respectant l’environnement et prenant soin de l’écosystème en faisaient aussi partie.

Il y a lieu de signaler que parmi les grands rendez-vous du Kidexpo, ce goûter géant et les kids en scène by kidespo. Pour ne citer que cela !

 

Cinq jours de bonheur, d’instruction, d’amusement et de plaisir. « Un événement hors du commun qui s’impose comme étant le plus grand événement familial de l’année ! », considère Anne-France MAREINE, commissaire générale du Salon.

Avant de nous donner rendez-vous pour l’année prochaine à la même période et au même endroit, les organisateurs nous ont annoncé l’installation de kidexpo à Lyon, du vendredi 13 au dimanche 15 avril 2018.

Musique sans Frontières-Paris présente le Syrian Expat Orchestra et d’autre surprises

 

 

L’association Musique sans Frontières-Paris annonce une soirée musicale : Ensemble, le 2 décembre 2017, au centre d’Art et de Culture de Meudon.

Pour la toute première fois en France, un ensemble du Syrian Expat Orchestra (SEPO) dessine avec l’artiste lyrique meudonnaise Barbara Morihien, la jeune violoniste Helena Duterte et son professeur bulgare Christo Tchalakov, et le duo de musique irlandaise formé par Laurent Delahaye et Michel Sikiotakis, une mosaïque musicale de cultures et de voyages.

Découvrez des interviews des membres de l'orchestre Expat Philamornic Orchestra

Goncourt 2017

Du suspens, encore du suspens !

Qui de ces quatre écrivains, sélectionnés lors de la troisième sélection des Goncourt, gagnera le prix cette année ?  Les dix membres de l’académie réunis, le 30 octobre 2017 au restaurant Drouant à Paris, semblent un peu égarés dans leurs choix des quatre finalistes.

Les votes étaient serrés pour parvenir enfin à en extraire les ouvrages ultimes pour la prochaine finale qui a lieu ce lundi 6 novembre.

Le prix Goncourt sera annoncé à la presse, comme à l’accoutumée, entre midi et 14 heures, à partir des escaliers Ruhlmann de ce célèbre lieu, le Drouant.

Après un débat qui s’annonce, d’ores et déjà, houleux, au salon Goncourt, siège de cette académie depuis 1914, le jury, chapeauté par Bernard PIVOT, serait dans l’obligation d’en élire un seul des quatre livres qui ont marqué la rentrée littéraire 2017. Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Gallimard) ; Bakhita de Véronique OLMI (Albin Michel) ; L’Ordre du jour d’Eric VUILLARD (Actes Sud) et, enfin, L’Art de perdre d’Alice ZENITER (Flammarion) sont en compétition pour tenter de gagner l’un des prix littéraires  le plus convoité de la scène littéraire française

L’Art de perdre est déjà donné favori, selon des lecteurs bien avertis. À juste titre, ce roman traite de l’épineuse question des Harkis. Cette équation à plusieurs inconnus qui rappelle un passé douloureux partagé entre bon nombres d’algériens et de français. Zeniter voulait a travers cet ouvrage casser ce tabou qui renvoit les deux peuples précités, à une période  coloniale de l’histoire, qui n’était pas forcément glorieuse. À travers trois générations, Zeniter dont la famille est originaire de Kabylie en Algérie, questionne, retrace et bouscule l’ordre établi pour tenter de comprendre ce qui s’était réellement passé. Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, cette question demeure toujours d’actualité. Et l’actuel contexte politico-social de la France, interroge la troisième génération, représentée dans le livre par Naima, a se poser des questions par rapport à ses origines, à son identité et à une histoire familiale qu’on lui jamais expliqué ! Une interrogation qui suscite, parfois des rancœurs et des regrets. Un très beau livre qui mérite d’être couronné, ne serait-ce que pour le travail de mémoire qui a été effectué dans un style romanesque remarquable !

Véronique OLMI, est susceptible aussi de créer la surprise cette année. Dans un ouvrage intitulé BAKHITA, de nom d’une petite fille du Darfour du XIX e siècle enlevée par les criminels négriers pour la vendre dans un marché d’esclaves au Soudan, jusqu’au jour où elle s’est fait rachetée par le consul d’Italie qui la confie a des religieuses. Bakhita est baptisée puis devenue sœur pour échapper à des souvenirs d’enfance, garnis de souffrance et de calvaire. L’auteure a su décrire une grande tragédie en essayant de dissimuler le côté chaotique de l’histoire.

Les deux autres livres méritent également d’êtres primés, l’un qui parle du monde complexe du cinéma et l’autre des méandres de l’histoire nazie, ils ont fait et marqués la rentrée littéraire de cette année. Que le meilleur gagne !

Hamid BOUZID

L’actualité de l’Iliade jouée par des détenus au théâtre

 

« Toute peine a une fin. »

Cette affirmation résonne avec la guerre à laquelle se livrent Grecs et Troyens dans l’Iliade d’Homère. Une histoire mythologique qui devient prétexte pour s’interroger sur les causes de l’abus de pouvoir, sur le manque de respect de la dignité des hommes, mais aussi sur le principe de fidélité à un idéal, sur le sens de l’amitié ou encore sur la beauté de l’intelligence en action.

L’œil de l’exilé a pu assister au premier des dix chants de l’Iliade au Théâtre Paris-Villette, accueillant pendant dix jours, en mai dernier, un projet théâtral hors-norme avec des détenus du centre pénitentiaire de Meaux.

Une nouvelle mise en scène en version réduite aux épisodes I et II du projet original, aura lieu à partir de ce soir à 20 heures, pour trois jours, le 18, 19 et 20 octobre, à Mains d’Œuvres (1 Rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen).

L’Iliade, une mise en scène resserrée sur le noyau chaud du récit et réduite à l’essentiel, dans l’adaptation d’Alessandro Baricco, à l’image du travail que le metteur en scène Luca Giacomoni a initié en prison.

« L’occasion – nous raconte le metteur en scène – s’est présentée en 2015, au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, lorsque Irene Muscari, responsable de l’activité culturelle de la prison, m’a proposé de lancer un travail théâtral dans le cadre d’un programme de prévention et de lutte contre le terrorisme. J’ai choisi de traiter le sujet de manière frontale et de raconter cette guerre légendaire entre Achéens et Troyens. » Une histoire où l’épuisement du combat est associé à la nécessité d’une résolution et d’un retour chez soi. L’objectif premier de ce projet culturel qui souhaite reconstruire un intérêt en lieu du rejet mutuel installé entre la société et ceux qui ont contrevenu à ses règles.

« Le théâtre existe pour réunir la société humaine – affirme Giacomoni -. Depuis toujours, les hommes se réunissent pour faire vivre des histoires qui sont comme des énigmes, lumineuses et inquiétantes à la fois. Le théâtre est ce rendez-vous, ce moment « de vie dans la vie » destiné à organiser momentanément le chaos, à recomposer ce qui est fragmenté. Dans cette perspective, la fonction du metteur en scène est simple : il s’agit d’organiser le rendez-vous. Le metteur en scène est là pour réunir les conditions nécessaires afin que les acteurs et les spectateurs puissent vivre une seule et même expérience, le plus intensément possible. »

Abordant ce récit de guerre comme un écho de notre temps, le travail mené par la dramaturge, Marta Fallani, s’attache à adapter les vers de l’épopée mythologique aux voix et aux corps de chaque acteur-narrateur. « Chacun a ainsi interpréter son rôle en partant de sa propre vie la compréhension du récit et apporter ainsi sa touche personnelle au récit collectif », témoin Fallani. « C’était un ovni pour le nouveau groupe de détenus à qui il fallait donner envie de participer à l’aventure, et dont un seul avait dû assister à une représentation théâtrale dans toute sa vie ». Il a fallu d’abord s’apprivoiser et déjouer les a priori et stéréotypes. « Ceux qui sont resté dans le projet – on lit sur la publication éditée lors de la première mise en scène au Théâtre Paris-Villette -, ils ont perçu l’intensité et les lignes de force du texte millénaire qui dissèquent la mécanique du conflit avec soi-même, avec l’autre, avec la société́, et entre directement en résonance avec leur vécu ». 

Luca Giacomoni est metteur en scène et directeur artistique de la Cie TRAMA

Parallèlement à son cursus universitaire en Lettres et Philosophie (Université de Bologne, Italie), Luca étudie la danse et le théâtre. Quelques années plus tard, il s’oriente vers la mise en scène et intègre l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris. Il complète sa formation avec Eugenio Barba et les acteurs de l’Odin Teatret sur le projet Università del Teatro Eurasiano.

Pendant cinq ans il suit le travail de Gennadi Bogdanov, héritier de la biomécanique théâtrale de Meyerhold, jusqu’à la réalisation de Georges Dandin. En 2009, il participe à un stage du Théâtre du Soleil. Suite à cela, Ariane Mnouchkine lui prête la salle de répétition à la Cartoucherie de Vincennes pour poursuivre le travail entamé. Plus de cent personnes se manifestent pour suivre l’atelier et forment un groupe de recherche international : c’est la naissance de la compagnie TRAMA.

Parallèlement aux productions théâtrales, l’action artistique de la compagnie s’oriente vers les écoles d’art, les maisons de retraite, les hôpitaux et les foyers d’accueil afin de créer un contact avec des publics différents et retrouver la source d’un théâtre vivant. Il invite par la suite des artistes de renom comme Yoshi Oïda, Richard Schechner, Germana Giannini, Joëlle Bouvier ou Alain Maratrat qui viennent animer des sessions et préparer le groupe aux interventions. Luca Giacomoni travaille actuellement à la création d’un lieu, à Paris, entièrement dédié à la narration et à l’art du récit.

L’œil de l’exilé a rencontré le réalisateur Luca Giacomoni. Interview.

Pensez-vous qu’il est correct de définir votre travail comme « théâtre engagé »?

« Je crois qu’une œuvre d’art, en tant que telle, est toujours « engagée ». L’art dramatique n’y échappe pas. L’expérience que nous vivons au théâtre (si elle est « juste », au sens musical du terme) remet nécessairement en cause nos comportements habituels, notre pensée et la compréhension ordinaire que nous avons de la vie. C’est un acte politique et radicalement intime à la fois, qui ne nous laisse pas tranquille. Ça nous remet en question. En ce sens, le théâtre est toujours engagé : il a le pouvoir de nous éduquer, de nous ouvrir à un monde plus vaste, plus complexe, plus riche. »

Comment une série d’épisodes change-t-elle la préparation de la compagnie par rapport à un spectacle?

Présenter au théâtre une série d’épisodes signifie présenter chaque soir un spectacle diffèrent. Dix spectacles d’une heure, avec une distribution mixte d’acteurs professionnels et d’amateurs. Tout ceci a plusieurs conséquences : avant tout, faire le deuil de l’idée traditionnelle de spectacle – c’est à dire une « machine » bien huilée qui fonctionne sur une structure de rendez-vous clairs et définis ; puis accepter le côté « brut » des différentes représentations, à la lisière entre forme fixe et improvisation ; enfin, tâcher de tenir le fil du récit à l’intérieur d’une narration fragmentée et dense de rebondissements comme celle d’Homère. Un véritable tour de force !

Pourquoi choisir cette œuvre?

Pour être fidèle à Homère, et respecter l’envergure de cette guerre, son immensité, sa démesure. Pour dire l’épuisement du combat, et rendre sur scène la densité de l’épopée, nous avons choisi un geste théâtral fort : 10 représentations d’une heure pour porter chaque soir une partie de l’histoire, en temps réel. Représenter un spectacle en 10 dix jours veut dire inviter le spectateur à une expérience qui rappelle à la fois les fêtes dionysiaques de la Grèce ancienne et, plus très de nous, la construction des séries.

Le théâtre en prison: quelles ont été les plus grandes difficultés dans la réalisation de ce projet ?

Avant tout, le manque d’écoute et d’attention. Il est très difficile de faire comprendre à des amateurs – et à des amateurs qui vivent dans les conditions dures de la détention – que l’art dramatique est un travail exigeant, sérieux, qui demande toute sorte d’effort : arriver à l’heure, se préparer, travailler en groupe, rester concentrés, se donner au travail. Tout ceci est évident pour les professionnels, mais ce n’est pas le cas pour les amateurs. C’était – et c’est encore aujourd’hui – la plus grande difficulté… Il nous a fallu du temps. Petit à petit, il s’est installé un climat de confiance et tout le monde s’est investi à 100% dans le projet. Mais ça nous a demandé neuf mois de travail, un véritable accouchement. Aussi, nous avons souvent fait face à l’inertie à contre-courant de la vie en prison : la rigidité des horaires, la lenteur des procédures administratives, la fatigue des participants, les blocages d’un secteur de la prison, etc. La liste est longue.

Est-ce la première fois que vous travaillez avec des détenus?

Oui, c’est la première fois. Mais le désir est là depuis très longtemps.

Y a-t-il un « code » que vous devez posséder pour travailler dans ce domaine ?

Je ne parlerais pas de « code »… Disons plutôt que ça demande encore plus de patience, de sensibilité et de détermination que d’habitude.

Sur scène, on écoute les chansons d’une chanteuse iranienne : pourquoi ce choix ?

Au théâtre, le chant et la musique sont là pour raconter ce que les mots ne peuvent pas dire. C’est une autre couche, plus fine, invisible, qui soutient et donne profondeur à la narration. Quand j’ai écouté Sara, j’ai trouvé dans sa voix et dans les chants traditionnels persans la même couleur, la même force et la même ampleur d’horizon que je retrouve dans les mythes d’Homère. Je ne saurais pas le dire autrement.

Quels étaient ses objectifs initiaux ? A-t-il été possible de les atteindre ? Comment ont-ils évolué ?

Je travaille depuis le début de l’aventure avec deux objectifs : d’un côté, tenter de comprendre l’énigme de la guerre à travers un récit collectif, à travers les efforts conjoints d’un groupe d’acteurs ; de l’autre côté, questionner la notion de virilité, et porter sur scène la beauté (et la difficulté) d’être un homme. Homère m’a aidé à m’approcher du premier objectif ; les détenus que j’ai rencontrés à Meaux ont fait le reste.

Êtes-vous satisfait du résultat?

Oui et non. Depuis que nous avons été au Théâtre Paris-Villette, nous avons eu énormément de satisfactions, humaines et artistiques. Mais le « goût du plat » n’est pas tout à fait celui que je souhaite. Le récit n’est pas encore assez fluide, vivant. La structure générale n’est pas assez solide. Simplement, il nous faut encore du temps. Mais nous avons repris le travail à la rentrée et je suis très confiant pour les résultats à venir car l’équipe artistique est vraiment extraordinaire.

Prochaines étapes de ce projet?

Après les représentations au Théâtre Paris-Villette, les 10 épisodes ont été retravaillés avec une distribution composée uniquement d’acteurs professionnels et d’ex-détenus afin de peaufiner la narration et structurer davantage la mise en scène. Nous travaillons aussi à la diffusion en région parisienne et en France, selon différentes modalités : l’intégrale en 10 dates d’une durée 1h (un épisode par soir) ; l’intégrale en 5 dates d’une durée de 2h30 avec entracte (2 épisodes par soir) ; ou bien des épisodes isolés d’une durée d’1h.

Prochain rendez-vous le 18, 19 et 20 octobre, à la Mains d’Œuvres (1 Rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen), à 20 heures. Pour en savoir plus cliquez ici.

Festival Viva Mexico – Étiqueta NON RIGOUROSA – Coup de cœur Cinéma

Au début du mois d’octobre, le festival « Viva Mexico » a  valorisé les rencontres cinématographiques et lancé sa 5ème édition avec de talentueux invités mexicains de renommée internationale ! La Maison des Journalistes a remis un titre « coup de cœur », le choix fut difficile.

Djibril Diaw : « Au nom des membres du jury, je remercie le festival « Viva Mexico 🇲🇽 » de sa collaboration avec la Maison des Journalistes. L’association permet aux journalistes persécutés et menacés de mort de trouver un refuge. »

 

 Le choix du meilleur film – coup de cœur de la Maison Des Journalistes – fût très difficile. 
Nous, membres du jury, avons eu beaucoup  de difficultés à trancher… 
Mais comme toute compétition il faut un gagnant ! 
Nous nous somme basé sur les sujets des Droits de l’Homme et de la Liberté d’Expression. Et le film qui a retenu l’attention des membres du jury est :

Étiqueta NON RIGOUROSA

C’est un film dont le sujet est toujours d’actualité dans le monde d’aujourd’hui : l’histoire d’un couple d’homosexuels qui se bat pour célébrer son mariage, malgré les blocages administratifs et politiques…

Date de réalisation : 2016 / Studio : La Cleta Films / Réalisé par Cristina Herrera Borquez / Produit par Sabrina Almandoz / Pour accéder au site internet du film, cliquez-ici.

Jury pour le prix Maison des Journalistes
Beraat GÖKKUŞ, réalisateur et journaliste turc, francophone, actuel résident de la MDJ
Djibril DIAW, réalisateur et journaliste mauritanien, francophone, ex résident de la MDJ
Hassanein NEAMAH, réalisateur et journaliste irakien, francophone, ex résident de la MDJ
Béatrice CYUZUZU, journaliste télé rwandaise, francophone, actuelle résidente de la MDJ
Djibril DIALLO, réalisateur mauritanien, francophone, ex résident de la MDJ

Leila Shahid : Le cinéma est beaucoup plus expressif que l’essai politique

[Par Hicham MANSOURI]

Cet article a été publié en partenariat avec le journal Kezako du Festival de Douarnenez

Leila Shahid

Après 27 ans d’absence, la grande Leila Shahid – l’ex-ambassadrice de la Palestine en France, Irlande, Pays-Bas, Unesco puis Union Européen – est de retour au festival de Douarnenez. Elle y voit « comme un signe du destin » car elle vient remplacer Omar Barghouti, qui n’a pas pu venir pour cause d’empêchement familial. « Je ne pouvais qu’accepter l’invitation car j’aime ce festival et je lui dois bien ça », raconte-t-elle avec sincérité.

Avant de participer au débat sur l’occupation de la Palestine jeudi, elle a pu voir plusieurs films pendant trois jours. «J’adore le cinéma. J’ai toujours pensé que le cinéma est un moyen beaucoup plus expressif que l’essai politique parce qu’il est un art… ça touche aussi les émotions » nous explique l’ancienne diplomate palestinienne.

 

Un festival révélateur

Pour Leila, le festival est très bien organisé. La preuve? Elle évoque notamment la qualité, les longues files d’attente et la musique « qui rend les gens heureux » selon son expression. «Quand je vois ça, je me dis que la France va bien. Dans le milieu politique on a besoin d’actions comme celles de ce festival. Je dis bravo aux organisateurs et aux bénévoles ! »

En souhaitant au festival plus de soutien à l’avenir, elle nous promet déjà qu’elle sera là avec son mari pour la prochaine édition, en tant que spectatrice.

Les portraits intersexes de Maurizio Leonardi

[Par Hicham MANSOURI]

Cet article a été publié en partenariat avec le journal Kezako du Festival de Douarnenez

Quinze portraits de militants intersexes. Voilà le travail qu’expose le photographe italien Maurizio Leonardi à la Galerie le Cri Suspendu. Pour ce natif de Naples, l’idée de faire ce projet lui est venue il y a trois ans, après sa rencontre en marge du festival de Douarnenez, avec Vincent Guillot, le porte-parole de l’Organisation Internationale des Intersexes. « Avant, je ne comprenais pas de quoi on parlait exactement. J’ai donc suivi tous les débats et les films avant de rencontrer Vincent. » Sa première photo, ça a justement été celle de Vincent. Pour Maurizio, l’idée n’est pas de faire des portraits de militants engagés pour leur lutte, mais de situations humaines simples. « Je suis resté ami avec tous », se réjouit l’artiste.

La rencontre

Le Cri Suspendu, qui abrite l’exposition, est un espace partagé qui permet de travailler autour de « l’écologie globale », c’est-à-dire à la fois l’écologie de la personne et celle de l’environnement. Il s’agit d’une structure de création artistique transdisciplinaire, notamment entre arts et sciences. « La rencontre sur un objet commun entre scientifiques et artistes va déplacer le sujet sur un territoire autre. Ce nouveau territoire est celui du possible et qui permet de faire face à la complexité du monde », détaille Jean-Luc Aimé, artiste associé de cette structure et qui est également compositeur, poly-instrumentiste, producteur artistique. Le procédé de travail est de réitérer la création à chaque fois. Autrement dit de changer, à chaque fois, d’équipes artistiques et de production tout en interrogeant le même sujet.

« La rencontre sur un objet commun entre scientifiques et artistes va déplacer le sujet sur un territoire autre. Ce nouveau territoire est celui du possible et qui permet de faire face à la complexité du monde. »

Un désir commun

Les fondateurs partagent un désir commun : faire coïncider travail de création artistique et regard de citoyen(ne)s sur la situation du monde qui les entoure. Un risque d’utiliser l’art à des fins militantes ? « Non, il ne s’agit pas d’une instrumentalisation. C’est tout à fait l’inverse qui est vrai », tranche Jean-Luc. « Quoi qu’on dise, l’art est toujours politique. Tu peux, en tant que créateur, ne pas donner de portée politique à ton art… Mais celle-ci sera là que tu le veuilles ou pas. Ce n’est pas toi qui décides. »

La rencontre entre le Cri suspendu et Maurizio Leonardi a eu lieu grâce au Collectif la Rumeur que le photographe italien a cofondé en 2014 avec sa consœur Fanny Pennin. La Rumeur ce sont quatre artistes qui travaillent en argentique et en noir et blanc sur des sujets sociaux. « On est en recherche d’un local pour pouvoir mener des ateliers d’initiations de la photo. Pour l’instant on le fait en marge des expositions. On essaie aussi de le faire au sein des écoles », explique Fanny.

Le festival de Douarnenez continue à séduire le jeune public

[Par Hicham MANSOURI]

Cet article a été publié en partenariat avec le journal Kezako du Festival de Douarnenez

Le festival de Douarnenez n’attire pas que les vieux ! Mavel Desenclos, 13 ans, fait partie de ce très jeune public séduit par la riche programmation de cet événement estival. « ​Je viens ici depuis quatre ans car ​je veux faire carrière dans le cinéma », déclare très fier le jeune homme. Cette année, il rentre en quatrième. Dans son collège, il dit ne pas avoir un club dédié au cinéma, inversement à un club de musique et un autre de théâtre. Le festival constitue donc pour lui une très bonne occasion d’enrichir sa culture cinématographique. Il y rencontre également les professionnels du septième art et échange avec eux. Chose qu’il essaye de faire à la fin de chaque film.

 

Du cinéma à la radio : un parcours initiatique

Cette année, il en a déjà vu deux. Il a beaucoup aimé le film d’animation Buddy Joe qui raconte la lutte au quotidien d’un artiste-décorateur de 70 ans contre la maladie de Parkinson. Mavel l’avoue, il ne connaissait pas cette maladie. Mais ce n’est pas tout ce qu’il a appris loin des bancs de l’école. « ​J’ai aussi découvert, grâce aux films, la vie des sportifs. »

Mavel pense que le festival pourrait attirer beaucoup plus de ​jeunes de son âge. « Mes copains sont en vacances, beaucoup ne viennent pas ici », note-t-il. S’il ne trouve pas d’explication à cette aberration, il suggère aux organisateurs de programmer, en plus des films d’animation, quelques œuvres récentes adaptées aux plus jeunes, « comme Ted ». ​

Mais Mavel n’est pas attiré uniquement par les films, il vient aussi de temps en temps au local de la webradio se familiariser avec le métier de journaliste. «J’ai appris un petit peu sur le montage et les techniques de son. C’est chaud !», lance-t-il dans un sourire.