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[Par Emile Zola NDE TCHOUSSI]

Le succès des Bleus, deux zéro, sur la nationalmannschaft, finalement anecdotique, a été obtenu dans un contexte d’horreur à Paris. Retour sur une soirée de vendredi 13 novembre maudite.

(source : lemonde.fr)

(source : lemonde.fr)

A la fin de la partie vendredi soir, le journaliste Keyvan Naraghi de l’Agence France Presse (AFP), assis à mes côtés en tribune de presse au Stade de France a, dans une voix teintée d’émotion, résumé cette soirée dramatique : « Même sans deux de ses leaders techniques, Karim Benzema et Mathieu Valbuena, l’animation offensive des Bleus a bien fonctionné. Mais avec ces multiples attentats sur Paris et cette sortie difficile du stade, on ne retiendra de ce match que le nombre de morts de cette triste journée … »

Comment en est-on arrivé là ? Pourrait-on se poser la question ? Vers la 17ème minute de jeu, pendant que Français et Allemands se neutralisaient sur une pelouse du Stade de France, très vite transformée en champ de patates, une forte détonation a retenti, puis une deuxième trois minutes plus tard.

Des clameurs se font entendre dans le public. Les spectateurs pensent alors qu’il s’agit d’un simple gros pétard. Le match continue sans encombre. Les Allemands sont légèrement dominateurs. Mais sur deux nettes occasions, Mario Gomez et Thomas Müller, vont se montrer maladroits face au portier français, Hugo Lloris. Poussés par leurs nombreux supporters, les Bleus ouvrent le score pendant les arrêts de jeu de la première mi-temps. Anthony Martial ayant donné le tournis à un défenseur allemand sur la ligne, avant de servir idéalement Olivier Giroud. Le stade de France exulte.

Fusillades à Paris

Pendant la pause, informé des multiples fusillades en plein Paris, le président François Hollande, qui assistait à la rencontre, est exfiltré du Stade de France. Un hélicoptère survole pendant longtemps le stade. Dans les travées, l’affaire du « chantage à la sextape » qui alimentait les commentaires avant le début de la partie, est désormais relayée au second plan. En tribune de presse, c’est l’agitation : les journalistes, grâce à la WiFi du stade, sont informés des drames qui se déroulent au Bataclan et ailleurs.
L’on appendra plus tard, que le préfet de police, a vite identifié les deux explosions comme étant des actes terroristes. Il est alors demandé à Philippe Tournon, le responsable de la communication des Bleus, et à Didier Deschamps, le sélectionneur, de ne pas informer les joueurs qui sont encore au vestiaire. Il est décidé, dans un souci de sécurité publique, de poursuivre le match.
Lors du deuxième acte, Thomas Müller trouve le poteau, à la 77 ème minute. La France, qui a une meilleure maîtrise de la partie, double la mise à la 86 ème minute, pendant qu’un hélicoptère survole le stade. André Pierre Gignac qui venait de faire son entrée, à la place d’ Olivier Giroud, a, à la suite d’un joli mouvement orchestré côté gauche par Evra et Matuidi, marqué d’un coup de tête puissant. C’est ainsi que les Bleus ont battu, sous haute tension, le champion du monde en titre en match amical vendredi dernier.

Coli suspect

A la fin de la partie, le speaker du Stade de France explique qu’il y a eu un «incident» à l’extérieur et annonce la fermeture de la sortie Est ainsi que l’accès au parking. De la tribune de presse, nous constatons que les chaînes diffusent, sans cesse, les images de la prise d’otages du Bataclan. Les joueurs regagnent les vestiaires mais s’arrêtent dans le tunnel… Une télévision diffuse les images en direct des attentats. Les Bleus sont tourmentés. Les conférences de presse des sélectionneurs sont annulées.
Plusieurs appels au calme sont lancés et les supporters quittent lentement le stade, mains en l’air ou sur la tête, passant au milieu d’un double cordon de sécurité. Les policiers, nerveux, ont tous le doigt sur la gâchette. Arrivés à la station « Plaine-Stade de France», vers 23h30, sur la ligne du Rer B, des centaines de supporters, certains drapeau bleu-blanc-rouge en main, font demi-tour pour une autre raison. Les agents de sécurité de SNCF annoncent « un coli suspect » à la gare du Nord. Tous les transports publics sont à l’arrêt. Ce mouvement de foule fait refluer une partie des spectateurs à l’intérieur du stade, la pelouse et les alentours du stade deviennent alors le lieu d’attente pour des centaines d’entre eux.
Au petit matin de samedi 14 novembre, Paris est une ville en deuil. La gare du Nord, habituellement très bondée, est quasi déserte. Vers 6h, sur la ligne 4, le conducteur « pour des raisons de sécurité » est contraint de sauter la station Strasbourg Saint-Denis. L’on appendra de sources sûres, selon un dernier bilan, que les multiples attentats de Paris est de 129 morts et 352 blessés dont 99 se trouvent dans « une urgence absolue »; que les Bleus «choqués» ont été évacués du stade à 2h55 en direction de Clairefontaine; que les Allemands, également «offusqués» ont passé la nuit dans les vestiaires et ont regagné l’aéroport directement au petit matin. Enfin, le match amical Angleterre-France, ce mardi à Wembley, longtemps incertain, est maintenu.

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