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[Par ADS]

« On vous parle de Kaléta, ils ont attendu cinq ans, c’est à la veille des élections, qu’ils veulent vous fournir un peu d’électricité pour encore dire qu’ils ont amené l’électricité et deux mois après ça va s’arrêter ». C’est la lecture faite par Sydia Touré, président de l’UFR. Cette lecture est largement partagée par bien des Guinéens encore sceptiques quant à la fiabilité dudit barrage, la fierté du quinquennat gorgé de sang et d’impostures. Le barrage de Kaléta est ainsi devenu un fond de campagne pour le parti au pouvoir.

Il reste que, à quelques mois de la remise de l’ouvrage, en mai 2015 selon le contrat, le président doute. Selon Alpha Condé, Garafiri, Kaléta et Souapiti sont des barrages en cascade, contrairement aux autres barrages. Mais ils sont également interdépendants les uns des autres pour électrifier la Guinée, ne serait-ce que Conakry : « Le premier (Garafiri, ndlr) ne peut donner 75 MWA que si Kaléta lui donne de l’eau. Kaléta lui aussi ne peut donner ses 250 MWA en période d’étiage que si Souapiti lui donne de l’eau. Comme Kaléta sera fonctionnel à partir de mai (2015) il faut que tout de suite on trouve les moyens de financer la partie eau par des turbines. Mais au moins qu’on nous aide à élaborer la partie eau pour que Souapiti puisse donner de l’eau à Kaléta quelle que soit la période », martèle le président guinéen. Ce qui tranche avec ce qui nous a été dit.
En déclarant ainsi que Kaléta ne fait plus rêver, Alpha Condé donne raison à son ancien ministre de l’Energie, Papa Koly Kourouma, qui avait été dépouillé de toutes ses prérogatives avant d’être limogé et confiné au poste de ministre conseiller à la Présidence, comme Bah Ousmane et Rougui Barry, les alliés d’hier. On se rappelle que Papa Koly Kourouma avait failli se faire bouffer par la mouvance. Papa Koly Kourouma n’est plus en odeur de sainteté avec la mouvance présidentielle qui voit en l’ancien ministre de l’Energie un prêcheur en eau trouble. De plus, son passage à la tête de ce département n’aura pas été des plus appréciés : « Je ne peux dire qu’il a trahit le président de la République. Tout ce que je peux dire, ce que le ministre Papa Koly Kourouma n’a pas été à la hauteur ». C’est un membre de la mouvance qui parle. Amadou Damaro Camara en veut un peu à Alpha Condé « qui nomme et a la liberté de nommer qui il veut ».
Cette aigreur, car c’en est une, pourrait être née de la sortie médiatique de Papa Koly Kourouma en début d’année. En effet, l’ancien ministre avait déclaré sur les ondes d’une radio locale que le projet du barrage de Kaléta dont se vante aujourd’hui le chef de l’Etat ne pourra jamais résoudre tous les problèmes d’énergie en Guinée. Cela tranche avec ce qui se dit parmi certains proches du parti au pouvoir. Pour lui, la capacité du barrage installé à Kaléta sera de 240 Mégawats, mais il fonctionnera au gré des courants. Et parce que ce barrage n’a pas de retenue d’eau suffisante pour produire les 240 Mégawatts pendant l’étiage, cette puissance va chuter à 45 Mégawats, provoquant à nouveau des délestages électriques. Pour se justifier aujourd’hui, après avoir bien compris la réalité, Alpha Condé parle de distribution d’équipements qui transportent le courant. En réalité, il est allé trop vite en besogne. Juste pour narguer ses opposants. A l’épreuve du pouvoir, Condé comprend à son corps défendant que Kaléta ne résoudra pas tout.
Il y a peu, des Chinois ont procédé à la présentation de l’étude faisabilité de l’aménagement du barrage hydroélectrique de Souapiti, distant de celui en construction (Kaléta) de six kilomètres . Deux jours auront suffi aux ingénieurs de la china international water et Electric Corp. Et à ceux de la Guinée pour étudier le projet devant être réalisé sur le fleuve Konkouré, qui arrose bien des préfectures, dont Fria et Dubreka.
Le montant pour la réalisation du projet est évalué à près de 2 milliards USD pour une capacité, nous dit-on, de 600 MW. La durée, elle, est estimée à cinq ans. La société d’électricité d’Abou Dhabi et la Banque mondiale seront probablement les premiers partenaires de la Guinée dans l’exécution de cette infrastructure. En attendant, le rêve entretenu sur Kaléta a fondu comme neige au soleil. En effet, contrairement à ce que l’on laissait entendre, la construction de ce barrage n’empêchera pas les Guinéens de survivre à la bougie ou d’utiliser des lampes chinoises. Bref, Kaléta ne pourra résoudre les problèmes d’électricité en Guinée. Pourtant, la fourniture régulière du courant et de l’eau figurait en bonne place dans les priorités d’Alpha Condé lors de la campagne présidentielle antérieure. Mais, copinage et amateurisme dans le choix des hommes ont grippé la machine.
Au lieu de faire face à ces choix hasardeux, le président guinéen est en perpétuelle quête de boucs émissaires pour justifier son échec dans ces deux domaines vitaux : l’eau et l’électricité. De la bouche du chef de l’Etat, on a entendu que 525 millions de dollars avaient été dépensés dans le secteur de l’énergie en Guinée. Qu’a-t-on fait de ce magot ? Et ces 100 MWT qui ont été achetés à 140 millions de dollars par des proches du président ? Plus personne ne le sait. On sait en revanche que le barrage sera l’un des maîtres mots de la campagne pour Alpha Condé, qui a déjà revendiqué la victoire.

 

Document RFI réalisé à Conakry à écouter pour se rendre compte des affabulations et fausses promesses du régime de Conakry par la voix de son ex-ministre de l’énergie Papa Koly KOUROUMA : http://www.rfi.fr/emission/20120923-1-le-secteur-energetique-guinee/

 

 

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