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[Par John CHITAMBO LOBE]

Mettons fin aux traditions discriminatives contre les femmes rurales et apprécions leurs contributions au développement ! La Journée Internationale de la Femme rurale, en ce 15 octobre, contribue à faire connaître la cause.

Source : monteiroornella.wordpress.com

Source : monteiroornella.wordpress.com

La contribution des femmes au développement est effectif surtout en milieu rural, un univers dans lequel elles sont plus vulnérables et discriminées qu’ailleurs pour des raisons culturelles ou religieuses.
Les femmes rurales représentent plus du quart de la population totale du monde : 500 millions d’entre elles vivent en-dessous du seuil de pauvreté en milieu rural. Les femmes produisent 60 à 80 % des aliments de base en Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes. Elles effectuent plus de 50 % des opérations de riziculture intensive en Asie. Les femmes effectuent 30 % des travaux agricoles dans les pays industrialisés. Les femmes sont à la tête de 60 % des ménages dans certaines régions d’Afrique ; elles assurent 90 % des besoins des ménages en eau et en combustible en Afrique ; les femmes se chargent de la totalité des opérations de transformation des aliments de base du ménage en Afrique.

Des inégalités très évidentes

Crédit photo AFD

Crédit photo AFD

Les inégalités entre les sexes existent dans beaucoup des pays, surtout pour ce qui est de l’accès aux ressources qui permettent d’améliorer le rendement des cultures. Citons les technologies agricoles, les formations et les infrastructures rurales. En Afrique, lorsque les femmes ont accès à la terre, celle-ci est souvent de qualité plus médiocre et les parcelles sont plus petites que celles des hommes. Ainsi, les inégalités entre les deux sexes ont bel et bien un coût, non seulement pour les femmes rurales mais aussi pour le secteur agricole et, plus largement, pour l’économie et la société.

Les femmes sont les piliers de la réalisation des changements économiques, environnementaux et sociaux nécessaires au développement durable. Mais l’accès limité au crédit, aux soins de santé et à l’éducation est un des nombreux défis auxquels elles sont confrontées surtout en Afrique et en Asie, est encore aggravé par les crises économiques et alimentaires mondiales et par les changements climatiques.

Certes, les femmes rurales dans le monde jouent un rôle majeur dans la sécurité alimentaire ainsi que dans le développement et la stabilité des campagnes mais leur statut ne leurs permet souvent pas de jouir de droits fonciers ou d’accéder à des services vitaux comme le crédit, la vulgarisation, la formation et l’éducation.
La première Journée internationale de la femme rurale a été célébrée le 15 octobre 2008, c’est pour reconnaître les rôles et l’apport décisifs des femmes rurales, notamment autochtones, dans la promotion du développement agricole et rural, l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’élimination de la pauvreté en milieu rural.

Le cas du Maroc

Femme marocaine au boulot (source : http://www.delcampe.net)

Femme marocaine au boulot (source : www.delcampe.net)

Le nombre de femmes concerné est immense. Prenons un exemple précis et chiffré pour mesure la tâche à engager : le Maroc. Ce pays compte 16,4 millions de femmes représentant 50,8% de sa population et dont 41,6% vivent en milieu rural. Ici, les femmes rurales sont relativement plus jeunes que leurs concitoyennes citadines: 29 % sont âgées de moins 15 ans contre 24 %. Un peu moins des deux tiers (ou soit 62,2% sont en âge de travailler entre 15 ans a 60 ans) et 8,8% sont âgées de 60 ans ou plus.

Cette réalité s’explique notamment par une fécondité inégalitaire entre ville et campagne. Ces inégalités sont mesurables également en matière d’accès aux soins de santé. Elles se traduisent par un taux de mortalité maternelle presque deux fois plus élevé dans les campagnes que dans les villes. A ceci s’ajoute le fait qu’en matière d’éducation, la femme rurale a accumulé un retard important par rapport à sa concitoyenne citadine.

Le pilier de l’agriculture

Source : lislesurtarn.info

Source : lislesurtarn.info

Ici comme ailleurs, on le constate donc, les femmes rurales représentent le pilier sur lequel repose la main d’œuvre agricole dans beaucoup de pays en développement. Globalement, plus d’un tiers des effectifs féminins est employé dans l’agriculture. En Asie du sud ou en Afrique subsaharienne, elles représentent plus de 60% des travailleurs dans ce secteur. Les femmes travaillent généralement en tant qu’agricultrices de subsistance, petits entrepreneurs, et travailleurs non rémunérés dans des fermes familiales ou en tant que travailleurs salariés occasionnels.

Tout ceci nous amène à dire que dépasser de fortes inégalités structurelles entre les sexes est un long travail car de nombreuses femmes rurales continuent de rencontrer des obstacles qui minent leurs chances de succès, comme le manque d’infrastructures publiques et sociales, l’accès inégal au crédit, aux équipements techniques et autres ressources importantes, comme la terre et l’eau. Au Burkina Faso, au Kenya, en Tanzanie et en Zambie, par exemple, l’allocation des terres, de main-d’œuvre, de capitaux et d’engrais à parts égales entre les hommes et les femmes pourraient accroître la production agricole.

Les femmes jouent un rôle essentiel et incontournable dans les économies rurales des pays en voie de développement. Elles participent à la production agricole, fournissent la nourriture, l’eau et le combustible pour leur foyer, les soins des enfants et du mari, elles mènent de front d’autres travaux en dehors de la ferme pour améliorer le niveau de vie de leur famille et de plus, elles sont en première ligne dans au sein de leurs familles pour assurer des fonctions vitales comme l’éducation des enfants, la prise en charge des malades et des personnes âgées. Cette journée internationale du 15 octobre est donc essentielle.

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