La diaspora burundaise manifeste à Paris

[Par Elyse NGABIRE]

Samedi, 11 juin entre 14 et 18 heures à l’Esplanade des Invalides à Paris. Les manifestants demandent à la Cour pénale internationale de poursuivre le « tyran » Nkurunziza, responsable du massacre des citoyens au Burundi et condamnent le silence coupable de la communauté internationale. 

Pierre Nkurunziza est aussi mis en cause dans l’affaire  du « bring back our girls » burundais. Plus de 300 jeunes filles burundaises auraient été vendues en Oman comme esclaves. « Mineurs en prison pour avoir caricaturé Nkurunziza », « Respect de l’Accord d’Arusha pour une paix durable au Burundi », etc. Tels sont les messages que portaient la communauté burundaise regroupée au sein du Rassemblement de la Diaspora Burundaise de France (RDBF) et ses amis.

Selon Gratien Rukindikiza, représentant du RDBF, deux objectifs pour cette rencontre : Manifester son soutien au peuple burundais et dénoncer la position de la France par rapport à ce qui se passe au pays.

Cette troisième manifestation depuis la contestation du troisième mandat de Pierre Nkurunziza, souligne-t-il, est un combat parmi tant d’autres : « Certains de nos compatriotes sont en train de négocier, d’autres font des lobbyings. Nous, nous avons choisi de manifester pour exprimer notre colère aux autorités et à l’opinion françaises. »

La diaspora burundaise manifeste devant les Invalides (Source : DR)

La diaspora burundaise manifeste devant les Invalides (Source : DR)

La France pointée du doigt

Face aux massacres, tortures, etc. perpétrés contre des citoyens paisibles, M. Rukindikiza s’insurge contre la position de la France. Entre autres accusations, le dépôt dans l’une de ses banques des salaires des militaires burundais en mission de maintien de la paix en Centrafrique (Minusca) : « Ils viennent de passer dix mois sans être payés alors qu’ils ont travaillé. »

Il dit être au courant de l’usage de cet argent : «  Il servira à approvisionner le Burundi en armes qui serviront pour matraquer et massacrer des citoyens innocents. »

De surcroît, M. Rukindikiza critique les deux résolutions de la France aux Nations Unies proposant l’envoi de 300 policiers au lieu de cinq mille hommes (propositions des États-Unis, ndlr). Pour lui, compte tenu de la dégradation de la sécuritaire du pays et des violences qui s’y commettent, celles-ci ne valaient pas la peine d’être présentées.

« Nous n’allons pas baisser les bras », lâchent des manifestants qui persistent et signalent qu’ils continueront jusqu’à ce qu’ils amènent le gouvernement français à changer son attitude vis-à-vis du régime sanguinaire de Bujumbura.

Les élections sans Pierre Nkurunziza, est le souhait de Gratien Rukindikiza, représentant la diaspora burundaise de France qui salue la reprise du dialogue entre le gouvernement burundais et ses opposants.