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[ Par Larbi GRAÏNE ]

La guerre entre la Palestine et Israël, c’est-à-dire entre deux nations n’est pas vue par certains comme telle. Elle opposerait plutôt le Hamas, présenté comme une organisation terroriste d’obédience islamiste à l’Etat d’Israël. Cette accusation de terrorisme oriente d’emblée les lectures qu’on peut faire d’un conflit pourtant décrit au départ comme relevant de la colonisation.

Dévastation à Shejaiya, le quartier résidentiel de  Gaza  City, le 26 Juillet 2014. [ Photo: Majdi Fathi / NurPhoto / Corbis ]

Dévastation à Shejaiya, le quartier résidentiel de Gaza City, le 26 Juillet 2014. [ Photo: Majdi Fathi / NurPhoto / Corbis ]

Il est vrai que le mouvement national palestinien a profondément changé, comme a changé tout aussi profondément son environnement international. Branche palestinienne des Frères musulmans, le Hamas offre au mouvement panislamiste sa première victoire politique en remportant les législatives de janvier 2006, devançant ainsi historiquement la branche mère, qui en Égypte, ne réussit à s’emparer (temporairement) du pouvoir que six ans plus tard. Les Frères musulmans ont placé le combat contre les Juifs et la destruction d’Israël au centre de leur doctrine. Ils ont en fait de la violence leur credo. Seuls les Frères d’Égypte qui affrontent une autre réalité durent y renoncer.

 

Naissance du Hamas

Le Hamas apparaît sur la scène politique en 1987 après que l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) conduite par Yasser Arafat qui alors était le seul représentant de la révolution palestinienne, eut amorcé un changement dans son attitude en acceptant de reconnaître l’Etat d’Israël dans ses frontières de 1948 ainsi que l’idée de partager avec lui le territoire. L’Autorité palestinienne fruit d’un accord avec Israël, voit le jour dans des conditions de difficultés extrêmes. Le Hamas rejette en bloc les accords de paix israélo-palestiniens. Il est du reste aiguillonné par la première Intifada de décembre 1987, un mouvement populaire de désobéissance civile qu’il va grandement soutenir. Très vite l’Autorité dirigée par Yasser Arafat chef historique de la révolution palestinienne,  entre en conflit avec les islamistes  qui dans un premier temps, préfèrent s’auto-exclure du jeu politique en boycottant l’ensemble des échéances électorales. Deux événements vont pousser le Hamas à changer de tactique : le déclenchement de la seconde Intifada en 2000 qui survient dans un contexte marqué par un contrôle militaire de plus en plus strict et la mort de Yasser Arafat en 2004. Le Hamas prône désormais la participation à la vie politique nationale. Il en sort du renforcé de l’épreuve des urnes en raflant à la majorité absolue les sièges de l’assemblée nationale. Dès sa prise de pouvoir, le premier ministre hamasiste Ismaïl Haniyeh, pointe la corruption du Fatah et sa mauvaise gouvernance. Ce succès retentissant ne lui ramène pas  pourtant la reconnaissance du monde occidental.

 

Soldats de Hamas en Palestine [Photo tirée de http://islamic-hdwallpapers.blogspot.fr ]

Soldats de Hamas en Palestine [Photo tirée de http://islamic-hdwallpapers.blogspot.fr ]

Déclaré « terroriste » par les Etats-Unis

Élu en 2005 comme président de l’Autorité palestinienne, Mahfoud Abbas du Fatah, ne cache pas son animosité envers le Hamas dont il promeut l’image d’un mouvement dangereux. Mahfoud Abbas ne bronche pas lorsque les États-Unis, suivis bientôt par d’autres pays européens classent le Hamas parmi les organisations terroristes.  Il va sans dire que les émotions médiatiques pèsent de plus en plus sur l’issue d’un conflit. On a vu du reste nombre de commentateurs pro-palestiniens rabâcher  sur les circonstances à l’origine de l’offensive israélienne sur Gaza déclenchée le 8 juillet 2014. Tous ont à cœur de prouver que Hamas n’a pas commis l’enlèvement des personnes qui a donné prétexte à l’armée israélienne  d’intervenir. Or le Hamas veut montrer qu’il a une stratégie et qu’il s’en tient à ses objectifs. Depuis le début des hostilités, le parti islamiste ne cesse de clamer haut et fort qu’il n’accepterait pas le principe d’un cessez-le-feu comme celui défendu par l’Egypte d’Al Sissi. Le Hamas a déclaré qu’il y consentirait que si Israël lève le blocus de l’enclave palestinienne, cesse ses bombardements sur Gaza, libère les 50 prisonniers palestiniens échangés en 2011. Autre demande de Hamas : la réouverture du poste-frontalier de Rafah avec l’Égypte.

 

Des roquettes en nombre

En outre, Hamas paraît avoir renforcé ses capacités militaires durant ces 5 dernières années en se dotant de roquettes pouvant atteindre des objectifs jusqu’à 160 km. Pratiquement c’est le triangle névralgique Haïfa – Tel-Aviv-Jérusalem qui est concerné. Il a creusé des tunnels partout pour cacher son arsenal. L’armée israélienne peine à localiser ces caches attendant davantage de renseignements pour les démanteler. Elle sait que tout cessez-le-feu est de nature à arranger les affaires de son ennemi. Il n’y a pas meilleure façon d’encourager les Palestiniens à développer leur production de roquettes que de les laisser tranquilles.

Pour autant le parti islamiste n’est pas en aussi bonne posture qu’il le prétend. En exhibant ses capacités destructrices face à Tel-Aviv, le Hamas se condamne tôt au tard au désarmement. Du reste, sa gestion des différentes incursions de l’armée israélienne, a fait baisser l’estime que la population avait envers lui. Si Hamas joue sa survie, en tentant de gagner une légitimité qu’il n’a plus, à coup sûr l’issue de cette énième confrontation avec l’État hébreux , le conduira à mille renoncements.

 

 

 

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