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[Par Romane SALAHUN]

« Aujourd’hui, il y a une nécessité nationale de sensibilisation des jeunes. Il faut sensibiliser au fait que la liberté de la presse et la liberté d’expression ne sont jamais acquises ». Darline Cothière, directrice de la Maison des journalistes exprimait ainsi son engagement dans le cadre de la rencontre « Education à l’image, aux médias et au Numérique » se tenant au Forum des images, à Paris, organisée par le Ministère de la Culture et de la Communication, les 12 et 13 octobre 2016.

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Rencontre « éducation à l’image, aux médias et au numérique » , Session  » Résidences de journalistes » au Forum des images le 12 octobre 2016. Crédits photo : Lisa Viola ROSSI

La session « Résidences de journalisme » se tenant l’après-midi du 12 octobre 2016 au Forum des images, à Paris, fut l’occasion pour la Maison des journalistes, l’association Globe Reporters et le contrat local d’éducation artistique Dunkerque Grand littoral (CLEA) de présenter leurs actions éducatives menées par des journalistes auprès d’un public jeune. C’est donc la nécessité d’une éducation aux médias qui a réuni ces différents acteurs.Si chaque action conserve ses particularités, toutes se rejoignent dans leur finalité : initier une ouverture sur le monde, sensibiliser aux valeurs citoyennes et à la liberté d’expression, et ouvrir un espace de dialogue pour tous.

L’éducation aux médias, une nécessité ?

Pour ces intervenants, ces actions éducatives semblent indispensables aujourd’hui face au constat qui est fait dans la société et particulièrement chez les jeunes. Suite aux attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, le débat a enflé autour de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et de la laïcité donnant lieu à un déchainement sur les réseaux sociaux et parfois à un repli sur soi. Face à ces enjeux, qui occupent régulièrement l’espace médiatique, les professeurs se retrouvent parfois démunis pour aborder les interrogations des étudiants, ces derniers étant soumis à un flot constant d’informations. Ces actions éducatives, pensées comme outils pédagogiques, répondent donc en partie à une demande du corps enseignant et à une nécessaire réflexion sur les manières de s’informer et sur la liberté d’expression, dans un monde multimédia en effervescence.

Confronter les jeunes aux professionnels des médias en collaboration avec le professeur permettrait alors de poser les termes du débat et entamer une réflexion sur leur rapport à l’information.  Le but : lutter contre le « gobage » sans recul de l’information, disponible instantanément sur les réseaux sociaux, première source d’informations des jeunes[1]. Au-delà, rester vigilant, prendre du recul sur l’appréhension et la production de l’information est un des axes fort de cette pédagogie. Cela permet également de redéfinir le concept de liberté d’expression devenu trop flou, et de le rapporter à la situation quotidienne du jeune. Car s’informer, c’est avancer dans la prise de décision. C’est s’ouvrir au monde, à l’autre.

Le projet de la MDJ : « Privilégier le contact humain, le témoignage »

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Darline Cothière, directrice de la Maison des journalistes. Crédits photo : Lisa Viola ROSSI

La Maison des journalistes, véritable « Tour de Babel » poursuit deux missions principales, que nous explique Darline Cothière, directrice de l’association. En premier lieu, il s’agit de l’accueil et l’aide dans la résidence de la MDJ apportés aux journalistes exilés venus des quatre coins du globe.  Dans un second temps, la MDJ poursuit une mission de sensibilisation aux enjeux de l’utilisation des médias, de la liberté d’expression, de la vie citoyenne et du vivre-ensemble, auprès du grand public en particulier des jeunes.

Le projet « Renvoyé Spécial » mis en place en 2006, vise à répondre à ce deuxième objectif. Les journalistes exilés vont à la rencontre de jeunes lycéens partout en France pour parler de leur expérience et les sensibiliser à la cause de la liberté de la presse et la défense de la démocratie. La venue du journaliste dans les classes est l’occasion d’une rencontre riche qui est insérer dans le projet pédagogique établi par le professeur.

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Marie-Angélique INGABIRE, journaliste rwandaise en exil, participante du projet Renvoyé Spécial. Crédits photo : Lisa Viola ROSSI

Quel est le point fort de ce projet ? Dans l’éducation aux médias, la MDJ privilégie le contact humain, direct, avec un journaliste exilé. Cela permet tout d’abord une confrontation entre l’information relayée et le vécu comme nous l’explique Marie Angélique Ingabire, journaliste rwandaise en exil, ayant participé au projet Renvoyé Spécial. « Les informations qu’ils ont (les jeunes) à disposition peuvent être biaisées car relayées par des journaux étrangers. Il est donc intéressant de confronter ces informations au vécu, au témoignage». Ces échanges sont également le lieu de déconstruction des préjugés sur un pays, sur l’exil, sur la vision de l’autre. « Le génocide est comme un cachet imprimé sur la Rwanda », de même que le mot « réfugié » engage un certain nombre de schémas préconçus. Par cet échange, les jeunes découvrent ou redécouvrent un pays, où la liberté de la presse est parfois différente. « Si en France, vous pouvez entrer dans la vie privée d’une personne de haute autorité, au Rwanda c’est impossible » illustre Marie-Angélique. En définitive, l’échange concoure à créer un climat de dialogue et à participer à l’éveil des consciences, ce qui semble nécessaire à l’heure où les débats se crispent sur les questions d’identité.

[1]  75% des 15-24 ans utilisent les réseaux sociaux chaque jour ou presque. Etude Médiamétrie au 4eme trimestre 2015.

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