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Dessin de Mesli

Dessin de Ahmed Mesli (Algérie)

Chers(ères) amis(es) lycéens(nes),
 
Je me nomme Benson Sérikpa. Je suis journaliste ivoirien (République de Côte d’Ivoire, en Afrique
de l’ouest), en exil en France. Dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias, que vous célébrez depuis le lundi dernier et qui se poursuit jusqu’au 29 mars prochain, je voudrais vous entretenir sur «La liberté de la presse». C’est le thème retenu pour cette édition, par la Maison des Journalistes MDJ, institution éditrice du journal en ligne, «l’oeil de l’Exilé», dont je suis membre de la rédaction.
 
«Liberté de la presse» signifie pour moi, pouvoir s’exprimer sans contrainte, dans le strict respect de l’éthique et la déontologie qui régissent son métier. En clair, le journaliste ne doit pas être censuré, ni dans sa rédaction, ni par une autorité quelconque, encore moins poursuivi, séquestré, persécuté ou tué dans l’exercice de ses fonctions.
 
En Côte d’Ivoire, la loi sur la dépénalisation a été adoptée en décembre 2004, sous le président Laurent Gbagbo (2000­2011). En son temps, aucun journaliste n’a été emprisonné pour ses opinions dans l’exercice de ses fonctions. Ce qui n’est pas le cas depuis qu’il a été renversé le lundi 11 avril 2011.
 
En ce qui me concerne, j’ai dû fuir mon pays le 20 avril 2011, à l’instar de nombreux journalistes,
pour ne pas cautionner la prise de pouvoir par les armes. En effet, après les élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel a déclaré vainqueur Laurent Gbagbo. Son adversaire, Alassane Dramane Ouattara, contestant les résultats des urnes, a fait un coup d’Etat militaire, avec le soutien de certains pays occidentaux, dont la France, sous Nicolas Sarkozy.
 
Après quoi, j’ai reçu la visite des hommes armés , me menaçant de mort. J’ai même échappé à un assassinat, ce qui m’a valu l’exil, d’abord au Ghana, ensuite au Togo puis depuis le 17 octobre 2013 en France.
 
Si aujourd’hui, la Côte d’Ivoire occupe la 101ème place, selon le dernier classement de Reporters Sans Frontières (RSF), c’est bien parce que la liberté de la presse n’est qu’un leurre dans mon pays.
 
Plus d’une trentaine de journalistes ont connu l’exil et ou l’emprisonnement depuis la prise de pouvoir par Alassane Dramane Ouattara. Une situation, qui, malheureusement continue de perdurer. Les moins infortunés ont été assassinés, Sylvain Gagneteau (2011), Désiré Oué (2013), parce qu’ils dénonçaient le terrorisme, le totalitarisme, la dictature d’Alassane Dramane Ouattara.

En ce moment, près de 800 proches du président Laurent Gbagbo, déporté à La Haye (en novembre 2011), sont quotidiennement torturés dans les prisons et autres sites transformés en camps de tortures (le siège du FPI, parti de Laurent Gbagbo, les résidences de certains de ses collaborateurs…) en Côte d’Ivoire. Plus d’un million d’ivoiriens sont en exil de peur d’être assassinés. Les populations ivoiriennes vivent tous les jours de graves violations des Droits de l’Homme, sous le regard coupable des médias nationaux, pris en otage par les hommes d’Alassane Dramane Ouattara.
 
La télévision nationale ( RTI1 et RTI2), Fraternité matin, AIP, Radio CI(médias gouvernementaux) sont quasiment sous contrôle des nouveaux maîtres d’Abidjan depuis trois ans. Les autres presses et médias privés, du moins ceux qui sont dans l’opposition, vivent dans la terreur d’être fermés à tout moment selon, l’humeur du Conseil National de la Presse (CNP), dirigé par Raphaël Lakpé, un affidé d’Alassane Dramane Ouattara.
 
Dans l’exercice de son métier, le journaliste est un éveilleur de conscience, un témoin vivant de son époque et un acteur de développement de la société. Il ne doit être nullement inquiété dans l’exercice de ses fonctions. C’est en cela qu’on pourrait véritablement parler de liberté de la presse.
 
Je vous souhaite une excellente Semaine de la presse et des médias. Puisse t­elle vous inspirer dans le choix de votre futur métier.
 
Benson Sérikpa

 

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