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[Par Jean-Jules LEMA LANDU]

Le 28ème sommet de l’Organisation africaine (UA), fin janvier 2017, à Addis Abeba, en Ethiopie, n’a pas abordé dans sa totalité le triptyque qu’on attendait de voir posé sur la table de débats : formulation de premiers principes sur la réorganisation de l’institution (souhaitée au sommet de Kigali, en 2016), retour au bercail du Maroc et prise des décisions concrètes sur le statut du Sahara occidental.

Le drapeau du Front Polisario porté par un sahraoui, près de la frontière marocaine, en février 2017
© AFP

Seule la question liée à l’admission du Maroc au sein de l’institution a été examinée jusqu’au bout. Désormais, le Maroc a retrouvé sa place au sein de l’institution, par consensus, après s’en être éloigné, il y a trente-trois ans, en 1984. Le satisfecit du roi Mohamed VI à cet effet peut se résumer par cet aphorisme : « Il est bon de rentrer chez soi ».

Est-ce le sentiment partagé par tout le monde ? Pas si sûr. S’il vrai que le Maroc, avec son importance démographique de près de 34 millions d’habitants et ses potentialités économiques incontestables, pèse lourd dans la « balance africaine », la question du Sahara occidental ne constitue pas moins pour lui une épine dans le pied.

De fait, ce problème continue de diviser le continent : d’un côté, les partisans pour l’autodétermination de ce territoire, à l’exemple de l’Algérie et de l’Afrique du Sud ; de l’autre, les « amis » du Maroc, à l’exemple de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, qui soutiennent la thèse de l’annexion.

Le Sahara occidental, objet du conflit
© liberation.fr

Mais, pourquoi le Sahara occidental ? Quels en sont les enjeux ? Tout commence, en 1975, quand l’Espagne procède à la décolonisation de ce territoire désertique, large de 226 000 kilomètres carrés (200 000 habitants, appelés Sahraouis), situé au sud du Maroc. Très riche en phosphates. Le royaume chérifien en revendique tout de suite la propriété, alors que les Sahraouis l’entendent dans le sens d’une entité à part, promise à son indépendance totale. La palabre est de taille. En 1976, un an après un dialogue infructueux entre les protagonistes, les Sahraouis autoproclament l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Non sans privilégier l’option militaire, à travers le Polisario, leur bras politique et armé.

Depuis, c’est l’enlisement. Comme solution, l’ONU a proposé, en 1991, l’organisation d’un référendum que le Maroc considéra inapproprié. Du roi Hassan II à son fils, Mohamed VI, la position n’a pas évolué. Or, avec le retour du Maroc au sein de la grande famille africaine, par ailleurs appelé de tous ses vœux par le jeune roi, l’opinion pensait que les temps étaient mûrs pour l’amorce d’une solution pacifique sur cette question. Il n’en a rien été. Plus que jamais, le continent est resté divisé, tandis que se multiplient, à ce sujet, des questions sans réponse. La plus pertinente étant celle de savoir si l’UA ne va-t-elle pas devenir un champs clos de luttes pernicieuses entre Rabat et la RASD, membre effectif de l’organisation, depuis 1982 ? Atmosphère qui risque de déborder et de constituer un cas de casus belli entre le Maroc et l’Algérie. Cette dernière est, on le sait, le tuteur assumé du Front Polisario.

L’autre volet, lié à la réorganisation de l’institution, a été passé à la trappe. Ce sujet n’intéresse guère la plupart des chefs d’Etat, qui veulent que l’UA demeure à jamais un « syndicat d’amis », pour leur ego. Cas de conscience pour le président guinéen, Alpha Condé – le pragmatique -, et nouveau président en exercice de l’institution !

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