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[Par Mohammad AL HAMADI]

Traduit de l’arabe au français par Florence Damiens

Alors que le monde fête la Journée Mondiale de l’Enfance le 20ème jour de ce mois, la tragédie ininterrompue des enfants syriens se poursuit, avec sa terrible escalade. Depuis que l’enfant Hamza al-Khatib a été assassiné par les mains des forces d’el-Assad et de ses shabiha au lancement de la révolution syrienne il y a presque quatre ans, aucun compte n’a été demandé aux meurtriers. Cela a donné un feu vert implicite, de la part des puissances internationales, aux cerveaux criminels du régime et, à leur tête, à el-Assad, pour qu’ils persévèrent sur la voie du meurtre, qui a commencé par les balles pour finir par les barils d’explosifs, en passant par les armes chimiques.

[Photo de Muzaffar Salman - Reuters]

[Photo de Muzaffar Salman – Reuters]

Les Nations Unies et la tragédie des enfants syriens

Les organisations internationales rattachées aux Nations Unies qui ont été établies pour défendre les droits de l’enfant et pour le protéger sont restées de simples spectatrices face aux massacres d’enfants perpétrés par el-Assad et à leur exode depuis presque quatre ans. On ne peut douter du fait que, depuis le début de la crise syrienne et durant son développement, les observatoires de ces organisations sont restés de simples outils entre les mains des puissances internationales et ont travaillé, durant la crise et à travers toutes ses tragédies, en conformité avec les intérêts de ces Etats, qui dominent les décisions internationales. Ainsi, ces observatoires ont traité la crise comme un simple et banal conflit, bien que l’on ne puisse trouver, dans aucun conflit, des faits semblables à ce qui est arrivé aux enfants syriens depuis mars 2011, si ce n’est durant la seconde guerre mondiale, comme l’ont dit de nombreux psychanalystes occidentaux et comme le reflète la réalité sur le terrain.
Cette affaire invite à établir des indices interrogeant le rôle de ces organisations dans la protection des enfants durant une telle crise et vis-à-vis d’un tel régime, qui tue les descendants de son peuple, et en particulier les enfants, malgré cette Journée qui a été mise en place à la suggestion de l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1954 afin de lutter contre la violence faite aux enfants et contre leur négligence et afin de travailler pour accroître leur bien-être dans le monde.

On ferme les yeux sur la tragédie des enfants syriens malgré son degré d’atrocité.
Les Nations Unies ont indiqué sur leur site internet à cette occasion : « A la date où a lieu la commémoration annuelle de la Convention, beaucoup de faits nous permettent de célébrer ce moment, comme la baisse du taux de mortalité infantile et la hausse du taux de scolarisation. » Peut-être que les enfants syriens ne constituent qu’une part infime des enfants du monde. Cependant, la situation exige des organisations internationales qu’elles placent ces enfants en tête de leurs priorités. Les chiffres indiquent que des millions d’entre eux continuent de fuir, d’émigrer et d’être privés d’éducation, tout comme des dizaines de milliers continuent d’être blessés ou tués.

Les chiffres…
Les Nations Unies ont passé la Journée sans évoquer le terrorisme d’el-Assad et de sa milice confessionnelle à l’encontre des enfants. Ainsi, elles ont fermé les yeux sur le meurtre de plus de 18 000 enfants attesté comme étant le fait d’el-Assad, sur l’emprisonnement d’environ 9 500 enfants, tandis que plus de 280 000 ont été blessés. La majorité de ces derniers sont restés invalides permanents, avec des maux allant de l’amputation de l’un de leurs membres jusqu’à la paralysie complète, en passant par les traumatismes psychologiques qui ont touché des milliers d’entre eux.
Le Réseau Syrien des Droits de l’Homme a indiqué dans un rapport qu’il a publié il y a quelques jours que, parmi les réfugiés syriens présents dans les pays voisins et dans les autres pays, et dont le nombre approche les 6 millions de réfugiés, on compte environ 50% d’enfants. Parmi ces presque 3 millions d’enfants réfugiés, 10% seulement ont reçu une éducation, ce qui présage de l’arrivée d’une prochaine génération syrienne non instruite. Cela fournit des indicateurs catastrophiques concernant le futur de la Syrie.

L’UNICEF est incapable de répondre aux besoins des enfants syriens

Quant à l’UNICEF, qui est l’organisation chargée directement de répondre aux événements dangereux et aux crises affectant les enfants dans monde, il a tardé et s’est retrouvé incapable de répondre aux besoins des enfants syriens dans les pays d’accueil. Si l’on regarde le programme de l’UNICEF pour l’hiver de cette année en Jordanie, tel que publié par l’organisation sur son site, il n’a couvert que 72 000 enfants de moins de 16 ans, soit 25% de l’ensemble des enfants réfugiés en Jordanie, qui constituent les catégories les plus fragiles et les plus marginalisées.
L’organisation a également indiqué qu’elle avait distribué des bons d’achat pour environ 54 000 enfants en Jordanie, ce qui reste un chiffre modeste lorsqu’on le compare au nombre d’enfants syriens réfugiés dans ce pays.
Tous ces nombres et ces indicateurs présagent d’un futur sombre qui attend les Syriens, et ceci parce que la jeunesse en Syrie a été affaiblie. En effet, la majorité des victimes se concentre dans la catégorie des 18-35 ans, qui correspond à la catégorie sociale vitale dans toute société. Si la société compte sur les enfants d’aujourd’hui pour qu’ils deviennent la jeunesse du futur, ces derniers restent en majorité analphabètes ou blessés. Tout ceci est non seulement dû au terrorisme d’el-Assad, mais aussi à l’indifférence de la communauté internationale qui soutient indirectement ce terrorisme organisé contre la société syrienne.

 

 

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