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[Par Lisa Viola ROSSI]

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front,
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime,
Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime,
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.

Victor Hugo, Les Châtiments

(de l’introduction au livre Les nouveaux dissidents de Michel Eltchaninoff, Editions Stock, 2016)

Le mot d’accueil de Darline Cothière (crédits : LV Rossi)

Quand la philosophie questionne la liberté d’expression, « le soutien à la création d’un réseau international de dissidents » devient une priorité. À l’initiative de Michel Eltchaninoff, le rédacteur en chef du journal de Philosophie Magazine, trois dissidentes rencontrées à l’occasion des trois ans de préparation de son dernier livre Les nouveaux dissidents (sortie prévue prochainement), Olga Shparaga, originaire de Biélorussie, Zeng Jinyan, de Chine et Xitlali Miranda, du Mexique, ont rendu visite mardi 15 mars à la MDJ et à ses journalistes.

Michel Eltchaninoff

Michel Eltchaninoff (crédits : LV Rossi)

« Depuis quelques années, – a affirmé Michel Eltchaninoff – des jeunes dissidents non-violents réapparaissent un peu partout lorsque l’environnement médiatique les avait injustement oubliés après les luttes des années 70. Je pense notamment aux activistes de l’ex-Union Soviétique, d’Iran et d’autres pays du monde où la dissidence est en train d’acquérir de plus en plus d’importance à la lumière de la violence des idéologies dictatoriales et des fondamentalistes. Les combats de ces dissidents sont les nôtres : il s’agit d’une démarche d’abord éthique, qui n’a pas d’ambition politique».
En ligne avec les propos de la Maison des journalistes, la directrice, Darline Cothière partage la déclaration d’intention d’Eltchaninoff : « La mission de la MDJ est le partage des expériences de la répression et l’exil, notamment des jeunes, en faveur d’un commune mobilisation pour sensibiliser l’opinion publique internationale en faveur de droits de l’Homme ».

Une nouvelle conscience civique qui parle biélorusse

Olga Shparaga

Olga Shparaga (crédits : LV Rossi)

Anglais, espagnol, russe… La barrière de la langue n’en est pas une, lors de l’échange privilégié qui a eu lieu après la visite aux locaux de la MDJ.
Pour Olga Shparaga :« Nous ne pouvons pas parler d’un travail de politisation mais bien de prise de conscience des droits de l’Homme » a précisé la philosophe biélorusse qui travaille pour l’instauration d’un espace public à Minsk. « Nos lieux de liberté sont des ex-usines, par exemple : là, nous organisons des rencontres et des moments de discussion au sujet des droits LGBT, de l’art et de la culture, ainsi que de la langue biélorusse et de l’urbanisme ». Le but de ces réflexions collectives est de permettre la reconnaissance d’un pouvoir aux citoyens, car « en Biélorussie, la loyauté vers le pouvoir en place » est la caractéristique principale de concitoyens affirme Olga. « Les ONG et associations existent, mais sont vieillissantes, alors si une société civile est bien là, elle n’a pas un véritable enracinement car le gouvernement de Loukachenko en empêche le développement ».

Censure et journalisme d’enquêtes en Chine

Zeng Jinyan

Zeng Jinyan (crédits : LV Rossi)

Zeng Jinyan, dissidente chinoise actuellement doctorante à Hong Kong, choisie par le TIME Magazine comme une des 100 personnes les plus influentes dans le monde en 2007, raconte aux confrères de la MDJ comment en Chine, Internet et les nouveaux médias sont un véritable espace d’expression libre même pour les journalistes d’investigation : « Un phénomène nouveau a émergé en Chine tout récemment : la fondation de nouveaux journaux et l’ouverture des réseaux sociaux, comme wechat, où les reporters publient leurs enquêtes, indépendantes et non censurées, car financées par leur lectorat ». La censure n’intervient qu’après la publication et par l’autorité en place : c’est-à-dire « toujours trop tard pour en bloquer véritablement la diffusion et le partage».

Des voix étouffées dans les montagnes du Guerrero

Xitlali Miranda

Xitlali Miranda (crédits : LV Rossi)

Xitlali Miranda, du Mexique, anime à Iguala l’association “Les autres disparus” qui participent aux recherches des restes des victimes du narco-trafic dans les montagnes du Guerrero. « La situation au Mexique est dangereuse presque comme s’il y avait la guerre, surtout pour les journalistes. Je connais au moins 400 familles ayant vécu la disparition d’un de leurs proches ». Lors de son témoignage
Miranda évoque la disparition de 43 étudiants issus de l’Ecole Normale Rurale de Ayotzinapa, le 26 septembre 2014 : ils étaient en voyage à Iguala pour manifester contre les pratiques du gouvernement mexicain. La police serait la principale suspecte de cet enlèvement dont le maire d’Iguala et son épouse seraient les commanditaires probables. « Chaque dimanche les familles, notamment des mères, des sœurs, des femmes, cherchent leurs proches dans des fosses communes. Elles vivent dans la douleur de cette tragédie, et au même temps elles sont par ailleurs victimes d’un isolement social : la pensée commune est que si leur famille a vécu cette disparition, c’est de leur faute. Souvent nous constatons comme conséquences la désintégration de la cellule familiale. Et à la douleur, s’ajoute la frustration due à une manque totale d’attention de la part des autorités, corrompues, quant à leur demande de justice et vérité ».

Le passage à Paris de ces trois dissidentes a été organisé par Eltchaninoff, en association avec Stock et la Ligue des Droits de l’Homme.

 

 

 

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