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[Par Larbi GRAÏNE]

Facebook qu’on connait plus par le gigantisme de son réseau social (plus de 965 millions d’utilisateurs au quotidien) que par son entreprise, est l’une des sociétés les plus hermétiques aux femmes dans le monde, à en croire des participants à une conférence intitulée « Vers un nouveau monde plus féminin » qui tentait de dresser l’état des lieux de la place des femmes dans « la conduite des affaires publiques et privées, ainsi que dans l’évolution des mode de vie ».

(source : bbc.com)

(source : bbc.com)

Organisée dans le cadre de la 7e édition du Forum Nouveau Monde qui s’est tenu à Paris le 9 et 10 novembre 2015 au siège de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), cette conférence a réuni sous la modération de Marjorie Paillon, journaliste à France 24, sept personnalités triées sur le volet. Si tout le monde s’accorde sur le constat qu’il faut agir sur les mentalités pour améliorer le sort des femmes, les avis néanmoins restent partagés sur les moyens d’y parvenir. Il y a ceux qui plaident pour des mesures institutionnelles au plus haut niveau et ceux qui croient que les initiatives individuelles ont leur importance.

Nathalie Loiseau (source : comite-richelieu.org)

Nathalie Loiseau (source : comite-richelieu.org)

C’est Nathalie Loiseau, directrice de l’ENA de Paris qui a lancé la première charge contre Facebook et la Silicon Valley, qui abrite le site des industries de pointe aux Etats-Unis. « Je suis perplexe quand j’entends parler du numérique, ils ont crée les plus grands emplois mais on n’y trouve pas de femme » a-t-elle déploré d’un air dépité. Et de tonner « Silicon Valley méprise les femmes ». Pour Mme Loiseau, l’élément féminin ne représente que 12 % du personnel des sociétés leaders.

Gabriela Ramos (source : oecd.org)

Gabriela Ramos (source : oecd.org)

Gabriela Ramos, directeur du Cabinet du Secrétaire général de l’OCDE, abonde dans le même sens en déplorant le fait que « tous les développeurs de Facebook sont des hommes ». Elle s’est énergiquement attaquée à l’idée selon laquelle il y aurait un lien direct entre la transformation de la société et le développement de l’industrie du numérique faisant observer que cette industrie n’emploie «aucune femme ». En outre la question du quota qui a trouvé beaucoup de partisans, a accaparé une grande partie du débat qui s’est déroulé complètement en anglais.

Louis Schweitzer (source : lesechos.fr)

Louis Schweitzer (source : lesechos.fr)

Louis Schweitzer, commissaire à l’investissement et président d’Initiative France a estimé que les résultats du quota « sont positifs » et sont un « succès en France ». Analysant ce succès Schweitzer croit savoir que « les femmes qui arrivaient dans les conseils d’administration ne sentaient pas qu’elles avaient le droit d’y avoir leur place mais de prouver qu’elles la méritaient d’où leur propension à redoubler d’efforts ».

Denise Kingsmill

Denise Kingsmill

Pour sa part Baronne Kingsmill Cbe, membre du Conseil de surveillance d’E. ON, pense que la politique des quotas ne suffit pas pour instaurer l’égalité entre les hommes et les femmes, plaidant pour une réforme des entreprises en s’appuyant sur l’exemple de Michel Landel, DG du Groupe français Sodexo (lui aussi intervenant) qui s’est astreint à une politique d’ouverture en direction des femmes. En effet le DG de Sodexo s’est montré un « féministe » invétéré, chiffres à l’appui, il montre comment la cause des femmes peut devenir « un argument d’entreprise ». Pour lui « l’égalité des gens, c’est ce qu’il faut faire » quoiqu’il affirme que 60 % de l’effectif de son entreprise sont des femmes et que 70 % des achats sont le fait de celles-ci. Landel conclut que l’employeur a un rôle à jouer pour parvenir à l’égalité effective entre les hommes et les femmes.

Janet Neo (source : linkedin.com)

Janet Neo (source : linkedin.com)

Janet Neo, directrice du développement durable de Fuji Xerox pour l’Asie-Pacifique a, quant à elle, insisté sur les pesanteurs des mentalités pointant les résistances qui se manifestent jusque dans le « vieux groupe japonais Fuji Xerox ». Selon elle une enquête a révélé que, 3, 3 % de femmes seulement étaient employées dans cette joint venture. Pis, « les femmes elles-mêmes ne comprenaient pas pourquoi l’employeur voulait changer les méthodes de management pour mettre fin à cette situation ». Malgré son exposé critique, Janet Neo ne s’est pas empêchée de regarder vers d’autres horizons, évoquant la trajectoire exceptionnelle de cette jeune femme de 26 ans, qui à Singapour, a su admirablement et sans soutien politique, s’attirer de nombreuses sympathies. Pour elle « le changement est possible, préconisant « l’action publique » mais également les initiatives liées aux individus qui estime-t-elle, ont le pouvoir de faire bouger les choses. Rappelons que le Forum Nouveau Monde est d’une périodicité annuelle, et est présidé par l’économiste Jean-Paul Fitoussi.

 

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