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[Par René DASSIE’]

Blaise Compaore (source : afriquekibare.mondoblog.org)

Blaise Compaoré (source : afriquekibare.mondoblog.org)

Annoncé au Togo, Blaise Compaoré, ci-devant président du Burkina-Faso, a finalement trouvé en Côte d’Ivoire, une telle d’exil. Il s’agit d’un pays qu’il connait bien : il a été médiateur dans la crise qui a secoué ce pays frontalier du sien, dès la tentative de coup d’Etat contre Laurent Gbagbo, en septembre 2002. Lors de la crise postélectorale de 2010, il sera désigné dans le panel des médiateurs de l’Union africaine, aux côtés des présidents d’Afrique du Sud, Jacob Zuma, de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, de la Tanzanie, Jakaya Kikwete et du Tchad, Idriss Deby Itno. Et ce, malgré l’opposition de l’Alliance des jeunes patriotes, mouvement populaire ultranationaliste pro-Gbagbo, dirigé par l’activiste Charles Blé Goudé, aujourd’hui en jugement à la Cour pénale internationale de La Haye, pour son rôle présumé dans les violences qui ont fait plus de 3000 morts dans le pays il y a quatre ans.
Exil donc en terre africaine, pour Blaise Compaoré, souvent présenté comme l’allié des occidentaux en Afrique de l’Ouest. A aucun moment depuis sa démission vendredi, il n’a été question pour lui de prendre le chemin de l’Europe.

Idi Amin Dada

Idi Amin Dada

C’est d’ailleurs, sauf erreur, une constante. Les dirigeants déchus d’Afrique ne vont pas couler leur retraite forcée en Europe. Après avoir fui la capitale Kampala en avril 1979, Idi Amin Dada, l’ancien maître de l’Ouganda dont le « règne » fit plusieurs dizaines de milliers de victimes passa par la Lybie de Kadhafi avant de trouver un point de chute à Djeddah, en Arabie Saoudite. Il y vécu jusqu’à sa mort, le 16 août 2003. Bien que peu pratiquant, il était musulman et avait favorisé ses coreligionnaires pendant son règne. D’où, sans doute, l’intérêt que lui portait la Libye et l’Arabie Saoudite. C’est également à Djeddah que s’est réfugié l’ancien président tunisien, Ben Ali, en 2011.
Déposé en Ethiopie le 28 mai 1991, le sanguinaire Mengistu Haile Mariam, surnommé le « Négus rouge » demanda et obtint l’asile chez son ami Robert Mugabé, président du Zimbabwe.
Au Congo ex-Zaïre, Mobutu, très affaibli par la maladie, fut tenté par l’Europe, lors de sa fuite en 1997. Il alla en France, puis en Suisse. C’est finalement au Maroc qu’il passa ses derniers jours, puisqu’il y mourut en septembre 1997.

Jean Bedel Bokassa et Charles De Gaulle (gettyimages.com)

Jean Bedel Bokassa et Charles De Gaulle (gettyimages.com)

Même Jean-Bedel Bokassa revint finalement en Afrique. Chassé du pouvoir le 20 septembre 1979, l’ancien empereur autoproclamé put bien s’installer dans la France de De Gaulle, qu’il appelait « papa ». Cependant, il ne supporta pas l’exil dans ce pays, puisqu’il revient de son propre chef à Bangui sept ans plus tard, pour y être jugé. Condamné, puis amnistié, il mourut en 1993, d’une crise cardiaque. François Bozizé autre homme fort centrafricain serait toujours au Cameroun. Ange-Félix Patassé qu’il avait chassé du pouvoir en mars 2003 est décédé à Douala au Cameroun, le 5 avril 2011. Le démissionnaire Michel Djotodia qui avait renversé Bozizé s’est installé au Bénin.

Qu’en sera-t-il de Paul Biya, dont le pouvoir visiblement chancèle ? On sait qu’en Afrique, le président camerounais n’a pas d’amis parmi les autres dirigeants du continent. Il lui sera donc extrêmement difficile d’y trouver asile. La Suisse où il aura passé une bonne partie de sa vie pourrait-elle l’accueillir si jamais il était forcé de partir ? Rien n’est sûr.

Simonetta Sommaruga au Cameroun (source : 237online.com)

Simonetta Sommaruga au Cameroun (source : 237online.com)

Fin septembre, la visite de travail de la conseillère fédérale suisse Simonetta Sommaruga au Cameroun avait suscité quelques interrogations. Plusieurs sites avaient en effet annoncé à cette occasion la signature entre les deux pays, d’un accord sur la suppression réciproque de l’obligation de visa pour les titulaires d’un passeport diplomatique ou de service. Certaines observateurs comme Patrice Nouma, activiste camerounais installé aux Etats-Unis avaient interprété cela comme une probable préparation de la fuite vers la Suisse, du clan Biya. Cependant, comme on le sait, les Etats n’ont que des intérêts. Et en général, les accords signés lorsqu’on est au pouvoir n’engagent plus les autres parties, une fois qu’on perd le pouvoir.

 

 

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