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[Par Mortaza BEHBOUDI]

Étudiant syrien ayant dû fuir son pays en guerre, Homam Fayad a décidé de poursuivre ses études universitaires à Paris. Multipliant les efforts, il espère intégrer et valider un master qu’il a dû abandonner.

Jusqu’au début de la guerre, la Syrie avait montré de grands progrès dans l’accès à l’éducation de base et, dans une certaine mesure, à l’enseignement supérieur. Pourtant, le pays a de nouveau un long chemin à parcourir pour parvenir à un changement complet de son système éducatif. Depuis 2011, cinq années de guerre en Syrie ont en effet renversé plus d’une décennie de progrès dans l’éducation des enfants et l’enseignement des étudiants. Aujourd’hui, plus de trois des cinq millions de jeunes ne vont plus à l’école et n’ont accès à aucune éducation…

 

Homam Fayad (Source : Mortaza Behboudi / DR)

Homam Fayad (Source : Mortaza Behboudi / DR)

Des examens interrompus par la guerre

Homam Fayad est un étudiant réfugié de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Âgé de 25 ans, syrien, il a étudié la sociologie dans son pays. Il réside désormais en France, depuis près d’un an. Il a déjà fait quatre ans de licence – en Syrie, il faut quatre années pour obtenir une licence en sociologie – mais sans avoir obtenu son diplôme. La raison : il a dû quitter la Syrie quand il était en train de passer ses derniers examens… « L’éducation en Syrie, comme beaucoup d’autres domaines, est corrompue. Nous, les Syriens, nous avons vécu 50 ans condamnés par un régime autoritaire, qui a tout ravagé dans ce pays merveilleux… C’est dommage parce que, en théorie, le système éducatif était assez bon ! », Explique Homam Fayad. « La mise en pratique pose toujours de grands problèmes. Les professeurs ne sont pas assez compétents, les universités ont un assez mauvais niveau scientifique, avec des cadres administratifs bien souvent corrompus. En effet, vous pouvez passer vos examens sans les préparer. Pire encore, vous pouvez acheter votre diplôme si vous avez assez d’argent et des contacts puissants. Il n’y a pas de standards : en Syrie, tout est permis et tout est interdit en même temps… Cela dépend de votre richesse et vos contacts », poursuit-il, quelque peu dépité et désabusé.

 

Homam Fayad (Source : Mortaza Behboudi / DR)

Homam Fayad (Source : Mortaza Behboudi / DR)

La volonté de poursuivre ses études à tout prix

Lorsque des millions de Syriens ont été contraints à fuir leur domicile, l’enseignement supérieur n’était plus fondamental. Mais Homam a décidé de s’accrocher à tout prix, pour poursuivre ses études en France. « Il y a beaucoup de différences entre l’éducation en France et en Syrie. En fait, tout est différent ! Mais, ce que j’ai remarqué, c’est surtout le niveau des professeurs. Ici, à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, les enseignants savent exactement ce qu’ils font, avec des méthodes parfaites pour enseigner », estime le jeune homme.

 

Homam Fayad (Source : Mortaza Behboudi / DR)

Homam Fayad (Source : Mortaza Behboudi / DR)

Homam Fayad n’a pas encore totalement intégré l’université, mais il suit des cours de français. Et même s’il ne connaît pas complètement le système éducatif en France, il trouve que celui-ci est bien organisé, très satisfaisant du point de vue scientifique, et est bien supérieur à tout ce qu’il a connu. Tout ça lui donne envie de se consacrer totalement à ses études et de valider le master qu’il a dû abandonner, il y a trois ans désormais. « J’ai toujours été intéressé par nos comportements, notre morale, nos valeurs… D’où cela vient-il ? Quelles sont leurs véritables origines ? Comment cela a évolué avec le temps ? Cela sera mon projet de master ! Finir mes études ici, en France, c’était un vrai rêve, et je vais le réaliser ! », Conclut-il.

 

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