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Article de Mohammed Sha’ban, palestinien-syrien
Traduit de l’arabe au français par Aline Goujon
Article publié en arabe sur www.alaraby.co.uk

La distance qui me sépare de la Palestine me paraît si grande, autant qu’est éloignée la libération de la Palestine des intentions de ceux qui parlent en son nom. Le dernier moyen grâce auquel nous avions une idée de notre éloignement par rapport à la Palestine était celui que nous ont communiqué nos grands-parents : le nombre de nuits qu’ils avaient passées à dos d’âne ou, au meilleur des cas, de cheval.

Cartoonist : Hani Abbas

Cartoonist : Hani Abbas

Jusqu’à un beau jour de l’année 2008 où un ami m’a fait connaître le logiciel Google Earth, qui existait alors déjà depuis environ trois ans. Il se trouve que le logiciel avait récemment été enrichi d’un nouvel outil permettant de mesurer la distance entre un point et un autre de la surface de la Terre.
Je me suis mis à tester cette invention stupéfiante, en choisissant des lieux au hasard, parfois entre plusieurs États, d’autres fois entre plusieurs continents. Jusqu’au moment où j’ai appris, pour la première fois, la distance entre notre maison du campement de Yarmouk, au sud de Damas, et mon village palestinien occupé (Firim, dans la région de Safed) : 97 kilomètres seulement.
Quatre-vingt-dix-sept kilomètres qui m’ont conforté de plus en plus dans l’idée que nous sommes tout aussi colonisés que la terre, et m’ont fait prendre conscience de l’étendue du territoire que nous perdons à la suite de chaque discours ou sommet arabe au cours duquel est évoquée la Palestine.
Nous atteignons aujourd’hui le soixante-sixième anniversaire de la Nakba (défaite palestinienne contre Israël), dans un climat manifeste d’indifférence et de négligence concernant cet événement. Pire, les réfugiés palestiniens sont traités de la façon la plus ignoble, dans les pays frères-ennemis. Leurs pièces d’identité ne sont pas reconnues, voire, dans de nombreux endroits, ceux qui possèdent de tels papiers font l’objet de soupçons ou sont considérés comme des criminels, ce qui les conduit à être expulsés ou emprisonnés. Les exemples de tels cas ne manquent pas.
Oui, cela fait longtemps que nous avons quitté le pays pour la première fois, mais, pour ceux qui n’ont pas encore compris, je déclare à messieurs les acteurs du conflit israélo-arabe (gelé) :
Moi, citoyen palestinien réfugié pour la quatrième fois en 28 ans (en Syrie, Libye, Syrie à nouveau, au Liban, et à présent en France), bien qu’appartenant à la troisième génération depuis la Nakba et ignorant tout de la géographie des pays, je continue à plaisanter avec mon ami en lui disant : « Chez vous, à Safed, le sol de la ville est pavé de dalles », et lui me répond : « Chaque nuit, la mer est criblée de balles, chez nous, à al-Tira ».
Non, nous ne voulons plus rentrer en Palestine, parce qu’en réalité elle ne nous a jamais quittés.

 

Dans la carte ci-dessus, l’itinéraire le plus rapide entra Yarlouk et Safed conseillé par Google Heart. Au même temps, vous pouvez vois le vrai distance entra les deux villes : juste 97 Km.

Dans la carte ci-dessus, l’itinéraire le plus rapide entra Yarmouk et Safed conseillé par Google Earth. Au même temps, vous pouvez voit le vrai distance entra les deux villes : juste 97 Km.

 

 

 

 

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