QUI METTRA FIN AUX ATROCITÉS DANS LE KATANGA?

[Par KIKI, journaliste-photographe reporter du peuple, chroniqueur animateur socioculturel, pédagogue linguiste et défenseur des droits humains (*)]

Pour ceux qui ne connaissent pas le Katanga, il s’agit tout simplement d’une province très riche en ressources minières qui est située dans le sud de la République Démocratique du Congo. La ville de Lubumbashi est le chef-lieu de cette province, sa plus grande partie se trouve dans la République de la Zambie. Le Katanga partage ses frontières avec les provinces zambiennes de Luapula, du Copperbelt et du Nord-Ouest; elles ont d’ailleurs beaucoup en commun: mêmes tributs, mêmes langues locales, coutumes et cultures similaires. Par contre la langue officielle est différente : au Katanga, c’est le français belge, et en Zambie, c’est l’anglais. Enfin le Katanga partage aussi ses frontières avec l’Angola au sud.

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La Monusco en Katanga (Photo tirée par http://fr.africatime.com/)

L’Histoire du Katanga est longue, mais en un mot, la partie qui nous intéresse n’a pas commencée aujourd’hui. C’est une histoire qui date de l’époque coloniale belge et qui a toujours entrainé des violations massives des droits de l’Homme et des droits humanitaires. Les colonisateurs belges avaient accordé son indépendance à la R.D.C. en 1960, avec comme premier président Kasa-Vubu, et comme Premier ministre Patrice Lumumba, mais le Katanga fit sécession et devint un pays à part entière en 1961, avec comme premier président Moise Tshombe, d’où la confusion totale. Enfin a lieu le coup d’Etat du général Mobutu, qui finira par faire exécuter illégalement et d’une façon très inhumaine le fameux Premier ministre socialiste de la R.D.C. Patrice Lumumba au Katanga. Enfin, il mettra fin à la sécession du Katanga et le rattachera à la R.D.C comme province de la R.D.C.

Depuis lors, le peuple du Katanga n’a jamais connu une paix permanente. Il y eu encore des violations des droits de l’Homme, des tensions et des guerres civiles dans les années 1990 et 1996, entre le peuple kasaïen « Bilulu » du fameux politicien Tshisekedi wa Mulumba et le peuple katangais « Batoto ya maman » avec le fameux politicien Baba Kyungu wa Kumwanza. Maintenant, une chose surprend : le président « Mzee » Kabila, l’homme qui a renversé le maréchal Mobutu, est originaire du Katanga. Alors, si celui qui est au pouvoir est le vrai fils de Kabila, pourquoi ne parvient-il pas à trouver une solution aux problèmes des Katangais?

Récemment, en 2013, il y a eu des tueries entre les sécessionnistes rebelles Maï-Maï katangais et les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). On a assisté à une violation répétée des droits de l’Homme : enrôlement par la force d’enfants soldats, viols de femmes, tortures de suspects civiles et de journalistes innocents accusés de collaborer avec les leaders sécessionnistes katangais exilés en Zambie, ainsi qu’avec des ex-gendarmes katangais réfugiés en Angola.

Malgré la présence de la MONUSCO (La Police de la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en République démocratique du Congo ), le peuple innocent souffre, accablé par la faim parce que ses champs et ses maisons ont été brûlés, soit par les soldats du gouvernement (soi-disant, c’est vous qui soutenez les rebelles sécessionnistes katangais), soit par les rebelles sécessionnistes parce que vous refusez de nous soutenir pour libérer le Katanga.

Le peuple est victime de fréquentes violations des droits humains, commises aussi bien par les forces gouvernementales que par des groupes rebelles ou sécessionnistes armées ou non armées katangais.

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La province du Katanga, qui est située dans le sud de la République Démocratique du Congo.

Pendant la déclaration de la sécession du Katanga à Lubumbashi figuraient notamment parmi les atteintes aux droits humains : les assassinats de civils (hommes, femmes et enfants) non armés et innocents, les accusations infondées, les arrestations et détentions injustifiables, les tortures, les viols des jeunes filles et femmes innocentes et vulnérables, la répression de la presse libre et indépendante, la torture des journalistes indépendants, les mauvais traitements dans des centres de détention non-officiels administrés par des services de sécurité indépendants et hors de tout contrôle de l’autorité judiciaire, et surtout la persécution des défenseurs des droits humains et la persécution de journalistes.

La liberté de la presse, celle qui dénonce et informe la communauté internationale pour que celle-ci puisse agir et délivrer des mandats d’arrêt internationaux (comme par exemple dans le cas de Jean-Pierre Bemba Gombo), n’existe pas. Certains soldats du gouvernement disent : « si tu me filmes ou si tu prends une photo de moi, je te tue, toi, et toute ta famille. Moi, je ne suis pas ton grand-père! ». Ainsi, la liberté de la presse est menacée et la presse elle-même est accusée de soutenir la sécession du Katanga.

Voilà. Ce qui est important, c’est de savoir pourquoi le peuple katangais veut la sécession du Katanga. Cela ne sert à rien de s’entre-tuer. Souvent, ce sont les femmes et les enfants innocents qui en souffrent le plus avec les violations des droits de l’Homme. Alors c’est à vous, vous la communauté internationale, l’Union Africaine, l’ONU, la SADC. Vous êtes informés. Quelles sont vos réactions? Le peuple katangais a besoin de votre intervention rapide…

 

(*) Ceux qui veulent faire des commentaires ou m’informer pour que je puisse informer aussi les autres, écrivez à KIKI.voixdupeuple @ gmail . com