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[Par Jean-Jules LEMA LANDU]

Prévue en novembre, la présidentielle en RD Congo est reportée en avril 2018. Ainsi en ont décidé les participants au « Dialogue national », le lundi 17 octobre, à Kinshasa, capitale du pays. Initié par l’Union africaine (UA) pour aider à l’organisation des élections, ce forum a été récusé par les principaux partis politiques d’opposition, qui n’ont donc pas participé à ses travaux. Faute d’entente sur quelques points essentiels avec le gouvernement, et alliés.

© Junior Kannah, AFP | Un soldat de la Monusco fait le guêt, le 20 septembre 2016 à Kinshasa, devant les bureaux saccagés du parti d'opposition UDPS

© Junior Kannah, AFP | Un soldat de la Monusco fait le guêt, le 20 septembre 2016 à Kinshasa, devant les bureaux saccagés du parti d’opposition UDPS

 Or, cette décision complique davantage l’équation qu’elle n’en apporte une solution. Etant donné que le nœud du problème réside entre les partisans du report, évoquant les « problèmes logistiques », et ceux qui tiennent à sa tenue, selon les termes de la Constitution, c’est-à-dire en novembre.

Pour les premiers, le report profite au maintien à ses fonctions du président Kabila dont le dernier mandat s’arrête, le 19 décembre prochain. Et, sur lequel pèsent les soupçons de vouloir s’éterniser au pouvoir. Plusieurs faits de manipulations dans ce sens le démontrent.  Pour les seconds – leur position est ferme -, la tenue de la présidentielle à la date prévue ainsi que le départ du président Kabila ne sont pas négociables.

Manifestants de l’opposition à Kinshasa ©jeuneafrique.com

A l’œil nu, tout concourt à une confrontation majeure entre les deux camps. Il s’agit d’ailleurs d’un vieux bras de fer, ponctué d’épisodes sanglants, en raison du refus du dirigeant congolais de se prononcer sur son départ ou non du pouvoir. Le dernier en date, il y a un mois, à Kinshasa, a occasionné la mort de plusieurs dizaines de manifestants, tués par les forces de sécurité.

Le scénario n’est pas très loin de ce qui s’est passé au Burkina Faso, au Burundi et au Congo-Brazzaville. Les quatre cas ont pour dénominateur commun le refus des présidents en place de quitter le pouvoir. Le Burkina a échappé au déluge, mais le Burundi et le Congo-Brazzaville en font les frais. Bien sûr, à des degrés différents : le Burundi est à feu et à sang, tandis que la rébellion armée renaît au Congo-Brazzaville. Rien n’indique qu’elle va s’arrêter au niveau de simple noyau.

Quelle sera le développement de la situation, en RD Congo, où l’instabilité politique a pris des racines, couronnée par la situation de guerre à l’est du territoire ?

©lemonde.fr

Joseph Kabila ©lemonde.fr

La vraie réponse est dans le rapport de forces politiques entre les deux camps. A cet égard, l’opposition non signataire des accords issus du dialogue contesté est plus musclée. A en juger par la popularité qu’elle jouit auprès du peuple, dont un grand pourcentage de jeunes sont au chômage. Ceux-ci (entre 15 et 35 ans) constituent près de 55 % des 70 millions de personnes que compte la population congolaise. L’influence de l’Eglise Catholique, majoritaire au pays, n’est pas négligeable. Celle-ci est du côté du peuple. Quant au pouvoir et alliés, ils ne comptent, en principe, que sur les forces armées, composées de 70 000 hommes.

Toute la crainte est là. En Afrique, il n’y a pas de bataille purement politique. Le président Kabila ne va-t-il pas s’appuyer sur son armée pour mater les rébellions en chaînes qui vont certainement naître, de partout ? Le peuple congolais va-t-il continuer de rester à la traîne ? Et, à la remorque des dictateurs, depuis 1965 ?

Les dangers que toute la région de Grands Lacs, et au-delà, ne s’embrase sont plus que perceptibles. Quel sera le rôle à jouer, dans cette perspective, par la communauté internationale ?

 

 

 

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